PEL : le cri d'alarme de la Banque de France contre sa rémunération trop élevée

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L'éclairage éco est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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La Banque de France lance un cri d'alarme contre la rémunération beaucoup trop élevée du Plan épargne logement et réclame une solution. Nicolas Barré fait le point sur une question d'actualité économique.

Il a été le produit d’épargne star des années 2000 aujourd’hui, il suscite l’inquiétude du gouvernement, le Plan d’Epargne Logement est dans le viseur. En cause, son taux d’intérêt qui est beaucoup trop élevé.

Sa rémunération moyenne est aujourd’hui de 2,65 % à comparer avec le 0,5 % du Livret A. C’est donc une très bonne affaire pour les épargnants et une très mauvaise affaire par contre pour les banques  au moment où les d’intérêts sont à zéro. chaque année, ça leur coûte 7,5 milliards d’euros, ça n’est pas rien. La Banque de France a tiré la sonnette d’alarme cette semaine. Par les temps qui courent, les ressources bancaires doivent être utilisées pour financer l’économie, pas pour récompenser les rentiers, voilà en substance le message.

Mais n’est-il pas sévère ce message ? Les épargnants n’y peuvent rien.

C’est en effet tout le problème. Malgré une modification à la baisse des taux en 2016, on a maintenu en vie un produit particulièrement généreux. À l’origine, il servait à encourager l’achat d’ immobilier. Aujourd’hui, comme les taux sont bas, on n’en a plus vraiment besoin pour s’acheter une maison ou un appartement. En revanche le PEL a gardé ses avantages. Il continue à produire des intérêts chaque année même si on ne verse plus d’argent dessus, il est en outre transmissible aux héritiers. Bref, c’est une bombe à retardement et elle est de taille puisqu’avec 282 milliards d’euros au total, le stock de Plan Epargne Logement est presque aussi élevé que celui du Livret A. 

Mais y a-t-il un risque voir les conditions des livrets déjà souscrits modifiées ? 

Pour l’instant, Bercy est prudent. Il n’est pas question de s’emparer d’un sujet aussi impopulaire qui relève d’abord du législateur, surtout au moment où les Français vivent une grave crise économique en raison de l’épidémie. Mais on n’est jamais à l’abri d’une modification de règles. Les plus vieux livrets sont particulièrement visés, ceux ouverts avant  2011. Ils sont 3,7 millions et leur rémunération moyenne est encore de 4,4 %. Si un jour une décision doit être prise, ce sont sûrement eux qui seront en première ligne.