Nouvelles normes CO2 pour les voitures : Volkswagen annonce qu'il pourrait supprimer 100.000 emplois

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L'éclairage éco est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Chaque matin, Nicolas Barré fait le point sur une question d'actualité économique.

Après l’accord européen sur les émissions de CO2, les constructeurs automobiles font les comptes. Volkswagen annonce qu’il pourrait supprimer 100.000 emplois.

Oui c’est la douche froide. Le nouveau patron de Volkswagen estime qu’un tiers des emplois industriels de son groupe, c’est-à-dire des salariés directement affectés à la production, dans les usines, pourraient être supprimés au cours des dix prochaines années. Appliqué à la France, qui emploie 125.000 personnes dans la production automobile, vous imaginez les dégâts. Le patron de Volkswagen estime que la transition vers l’électrique ou l’hybride voulue par les gouvernements européens est "non contrôlée", "trop rapide". "Ce n’est pas du chantage, ce sont des faits", dit-il : fabriquer un moteur de voiture électrique prend moins de temps et moins de main d’œuvre qu’un moteur essence.

Mais le passage à l’électrique ne va pas se faire du jour au lendemain.

Oui et les scénarios brandis par l’industrie automobile sans doute un peu alarmistes. Et puis le réchauffement climatique est une réalité, il faut bien agir et même très fort. Mais c’est vrai que toute la filière automobile s’interroge. Elle représente 11% des emplois industriels en Europe. Et il y a des réalités incontournables : une voiture électrique, par exemple, comporte six fois moins de pièces mécaniques qu’une voiture essence. Cela veut dire moins de production de pièces, même s’il en faudra d’autres comme par exemple des capteurs optiques. Cela veut dire aussi 60% de maintenance en moins. Donc moins d’occasions d’aller chez le garagiste. Forcément, il y aura un impact social. C’est cette réalité qui va monter dans les mois à venir. Notamment en Allemagne où l’automobile emploie 800.000 personnes. Se mettre d’accord entre ministres européens pour imposer une baisse des émissions de CO2 de 35% d’ici 2030, ça ne coûte rien sur le moment. Mais il y aura des dégâts collatéraux…