Les dépôts bancaires bientôt taxés

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
L'édito économique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
Partagez sur :

De plus en plus de banques européennes ont décidé de taxer les dépôts de leurs clients, ça a commencé par les très gros comptes de particuliers.

Votre banque va-t-elle bientôt taxer les dépôts que vous avez sur votre compte courant ? Ce scénario, à priori improbable, est en train d’arriver.

Le sujet est explosif. Mais de plus en plus de banques européennes ont décidé de taxer les dépôts de leurs clients. Ça a commencé par les très gros comptes de particuliers. Plusieurs banques suisses, par exemple, ont décidé de taxer les dépôts de plus de 1 million voire 500.000 euros, comme UBS, pour inciter leurs clients à investir plutôt qu’à garder des liquidités. Mais une banque allemande et surtout la grande banque italienne Unicredit vont maintenant taxer les comptes à partir de 100.000 euros, ça touche donc plus de monde. Et toutes les banques guettent celles qui iront encore plus bas pour taxer les comptes à vue de leurs clients.

Mais pourquoi veulent-elles taxer les comptes courants ?

Il s’agit tout simplement pour elles de répercuter les taux négatifs que leur applique la banque centrale européenne sur leurs propres dépôts, ce qui leur a coûté 8 milliards d’euros l’an dernier. Les banques cherchent donc à faire supporter la facture à leurs clients. Alors après la Suisse, l’Allemagne ou l’Italie, est-ce que les dépôts vont être aussi taxés en France ? Pour l’heure, il n’en est question que pour les très gros dépôts, de plus d’un million d’euros. La Banque de France veut éviter que cela ne fasse tache d’huile, son gouverneur vient de le dire. Ce qui n’empêche pas les banques de revoir les frais de tenue de comptes, c’est une autre manière de faire payer les clients. Mais il y a surtout une réalité incontournable: les taux négatifs, c’est formidable pour les emprunteurs mais catastrophique pour les épargnants qui possèdent des liquidités importantes. Et ça n’est pas près de s’arranger.