Les bénéfices du CAC 40 divisés par deux en 2020

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L'éclairage éco est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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C'est une chute plus sévère que lors de la crise de 2008. Les entreprises du CAC 40 ont vu leurs profits divisés par deux en 2020, à cause de la crise sanitaire. Mais la bonne nouvelle, c'est que l'activité est déjà en train de repartir, et les perspectives sont bien meilleures pour 2021.

Les profits des entreprises du CAC 40 ont été divisés par deux l’an dernier. La chute est plus sévère que lors de la crise de 2008, mais le rebond sera peut-être plus rapide. 

Oui, 39 milliards d’euros de profits l’an dernier contre 80 milliards l’année précédente : c’est dire l’ampleur du choc. Moins de profit, il faut toujours le rappeler, c’est moins de capacité à investir, à se développer donc à créer de l’emploi. Bref, ça laisse des traces.

Mais la bonne nouvelle, en effet, c’est que l’activité est repartie. Il faut avoir en tête ceci : au premier semestre de l’an dernier, au pire de la crise, toutes les entreprises du CAC 40 étaient en perte. Du jamais vu. Au deuxième semestre, la moitié seulement l’étaient. Et presque toutes ces 40 entreprises ont fait état de perspectives bien meilleures pour cette année, que ce soit dans l’industrie automobile, le luxe, la finance etc. 

A l’heure du bilan, on peut dire que les actionnaires auront payé cher cette année de crise.

Oui, les entreprises ont taillé dans leurs dividendes qui ont chuté de 42%. Parfois sous la contrainte : c’est le cas des banques, la BCE les a obligée à garder tous leurs profits en réserves, pour faire face aux impayés sur les crédits. Les épargnants qui ont placé une partie de leurs économies dans des actions ont donc été mis à contribution dans cette crise. La perte ou la baisse du dividende fait partie du risque associé au fait d’être actionnaire. Cette année devrait néanmoins marquer un début de retour à la normale : 32 sociétés du CAC 40 ont déjà annoncé leur intention de verser des dividendes. 

La crise a aussi modifié la hiérarchie des entreprises du CAC 40.

C’est frappant. Il y a une tendance lourde, qui préexistait à la crise, c’est le poids du luxe dans le CAC 40 : les quatre géants français de cette industrie, LVMH, L’Oreal, Hermes et Kering représentent un tiers de la valeur de l’ensemble du CAC 40, 600 milliards d’euros ! Le leader du secteur, LVMH, a gagné 20% et est même devenue la première capitalisation européenne, devant Nestlé. A l’inverse, ceux qui dominaient jadis dans le classement comme Total ou les valeurs bancaires ont chuté.

Et outre le luxe, les gagnants sont les valeurs technologiques comme Worldline, spécialisé dans les paiements, ou encore Teleperformance. Des groupes industriels comme Schneider, Legrand ou Air Liquide, une des valeurs favorites des épargnants, ont également très bien tiré leur épingle du jeu. Comme souvent dans les crises, les plus forts sortent renforcés.