"Le pouvoir d’achat va bondir de 3% l’an prochain"

, modifié à
  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
L'édito économique est une chronique de l'émission Deux heures d'info
Partagez sur :

Chaque matin, Nicolas Barré fait le point sur une question d'actualité économique.

C’est une bonne nouvelle, que nous annonce l’Insee : le pouvoir d’achat des français va faire un bond au début de l’année prochaine.

Oui, le pouvoir d’achat progressera de 0,5% au premier trimestre, selon l’Insee, ce qui portera la hausse à 3% sur un an. Un vrai bond qui s’explique par plusieurs raisons. D’abord, ironie de l’histoire, les prix du pétrole ont très fortement chuté depuis le début de la crise des gilets jaunes : on est passé de 75 dollars le baril de brent début octobre à moins de 50 dollars aujourd’hui, 30% de baisse qui vont avoir un impact positif sur le pouvoir d’achat, bien plus que l’annulation de la taxe carburant ! D’ailleurs vous allez le voir dans les semaines qui viennent en faisant le plein. Autre élément favorable, qui est lié : l’Insee anticipe une inflation à 1% à l’horizon de l’été prochain au lieu de 2% cette année, ça aussi c’est bon pour le pouvoir d’achat.

Et puis bien sûr il y a l’effet des mesures Macron : la suppression totale des cotisations maladie et chômage pour les salariés, la baisse de la taxe d’habitation, les heures sup défiscalisées, les primes exceptionnelles, celles pour les smicards etc. Bref, voilà comment on va arriver à un bond de 3% du pouvoir d’achat sur un an.

Ça c’est la bonne nouvelle, le revers de la médaille, c’est que l’activité économique ne sera pas au top l’an prochain.

C’est vrai, là encore, plusieurs raisons, mais on peut en retenir une : toutes les économies ralentissent autour de nous. Avec une conséquence plus inquiétante pour nous que pour les autres, c’est que le taux de chômage reste bloqué en France à un niveau élevé, autour de 9%. La grande majorité des autres pays abordent cette phase de ralentissement avec un chômage beaucoup plus faible. Chez nous, il devait donc rester autour de 9%. L’Insee anticipe seulement 64.000 créations nettes d’emplois au premier semestre 2019. Les services, la construction vont continuer d’embaucher mais c’est plus difficile dans l’industrie qui avait pourtant recommencé à créer des emplois.

C’est un point d’inquiétude pour l’année qui vient. Il y a d’ailleurs un signe qui ne trompe pas : les Français ont rarement autant épargné, plus de 15% de leurs revenus en moyenne. Ce n’est pas un signe de grande confiance.