Le chômage partiel ne fait que retarder une vague de licenciements massifs

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L'édito économique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
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Le chômage partiel risque de se convertir en une vague de licenciements massifs, c'est la grande crainte au sommet de l'État. À ce stade, la France compte 12 millions de personnes en chômage partiel, un trou d'activité que redoutent les entreprises. 

C’est la grande crainte au sommet de l’Etat et dans les entreprises : que le chômage partiel ne débouche dans les semaines et les mois qui viennent sur des licenciements massifs…

Oui c’est une crainte bien réelle en effet. Face à la chute de l’activité, les entreprises françaises ont déposé des demandes de chômage partiel pour 12 millions de salariés. Cela vous donne une idée du trou d’activité que redoutent les entreprises. Je précise : elles n’ont pas mis à ce stade 12 millions de personnes en chômage partiel, elles ont fait des demandes à cette hauteur. Le nombre de gens effectivement arrêtés est plutôt de l’ordre de la moitié, ce qui fait tout de même plusieurs millions. Tant que l’Etat paie ces salariés, les conséquences sociales de la crise sont largement gommées. Mais vous voyez bien que si on ne retrouve pas rapidement le niveau de chiffre d’affaires d’avant la crise, une bonne partie de ces salariés risquent de basculer dans le chômage tout court.

D’où des plans de licenciements massifs…

Voyez ce qui se passe autour de nous. Par exemple dans le transport aérien : plusieurs grandes compagnies, Lufthansa, le scandinave SAS, des compagnies anglaises, américaines ont annoncé des plans de réduction d’effectifs considérables. Mais pas Air France-KLM. Est-ce durable ? Pas sûr. Dans l’automobile, même chose. Quand on discute avec des chefs d’entreprises, ce qu’ils disent souvent c’est qu’ils ont trop de capacités par rapport au marché, qu’il va falloir en quelque sort rétrécir leur outil de production parce que la demande ne retrouvera pas son niveau antérieur avant longtemps. Et ça, ça signifie forcément des réductions d’effectifs à venir. D’où l’idée d’un plan de relance auquel travaille le gouvernement pour la fin août. Sinon comme l’a dit Edouard Philippe, il y a un vrai risque d’écroulement de l’économie…