Le bilan boursier de l'année 2020

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© Europe 1
L'éclairage éco est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Malgré un contexte difficile, marqué par une crise sanitaire et économique, les Bourses mondiales tirent leur épingle du jeu en limitant les pertes sur l'exercice 2020. Mieux, depuis la fin du printemps, les valeurs sont majoritairement en hausse, notamment dans le secteur de la Tech. De bonne augure pour 2021.

Cette année 2020 aura été complètement folle en Bourse. Mais pour finir, la Bourse de Paris est pratiquement revenue à son niveau de l’année précédente. 

Cela aurait pu être bien pire ! La Bourse de Paris n’a finalement perdu que 6% en 2020. Les marchés boursiers s’étaient effondrés après la première vague du covid en mars : l’indice CAC 40, qui naviguait autour de 6.000 points début 2020, avait sombré à 3.754 point le 18 mars. C’est bien simple : fin mars, toutes les valeurs du CAC40 étaient dans le rouge.

On n’avait pas connu une tempête aussi terrible sur les marchés financiers depuis l’éclatement de la bulle Internet au début des années 2000, il y a près de vingt ans. Et pourtant, six mois plus tard, et bien le CAC40 avait pratiquement regagné tout le terrain perdu, grâce aux découvertes de vaccins prometteurs contre le virus. 

C’est quand même étonnant parce que la crise économique, elle est bien là et même devant nous.

Vous avez raison. La déconnexion apparente entre l’économie réelle et le monde boursier est d’ailleurs encore plus grande aux Etats-Unis où le Nasdaq, la Bourse des valeurs technologiques, a gagné environ 30% l’an dernier. Il faut dire que plusieurs grandes sociétés de la tech ont bien profité de cette période où tout le monde s’est rué encore plus sur les outils numériques : l’action Amazon, par exemple, a gagné 70%.

Mais plus profondément, ce que la Bourse a anticipé sur la fin de l’année dernière, c’est que l’on allait assez vite effacer les effets de la crise du Covid. Ce que nous disent les marchés financiers de cette crise, c’est qu’il s’agit plus d’un choc brutal, violent, mais dont on va se relever assez vite, que d’une crise profonde, façon 2008 dont on a mis des années à se remettre. 

Un message plutôt encourageant pour la suite alors ?

Oui, à nuancer quand même entre l’Europe et les Etats-Unis. Aux Etats-Unis, la reprise est plus forte, plus rapide, et c’est ce qui explique de meilleures performances boursières. En Europe, où le poids de la "vieille économie" est plus important, où il y a moins de valeurs technologiques, la reprise est un peu plus lente.

Mais c’est vrai que cette nouvelle année s’ouvre sur des perspectives plus optimistes : il y a énormément d’épargne accumulée, chez les ménages bien sûr mais aussi dans les entreprises car beaucoup disposent d’une trésorerie abondante. Les Etats vont continuer à soutenir massivement les économies, de même que les banques centrales. Bref, le climat en ce début d’année s’est éclairci. Tant mieux, même si on sait, on l’a vu en 2020, que tout peut basculer très vite.