L’automobile “Made in China” débarque en Europe

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© Europe 1
L'éclairage éco est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Il va falloir s’habituer à croiser dans les rues de plus en plus de voitures "Made in China", selon Nicolas Barré. Dans son éclairage éco aujourd'hui, il évoque ce bouleversement qui se prépare dans le monde de l'automobile : des marques chinoises vont bientôt envahir le marché européen.

C’est un bouleversement de plus qui se prépare dans l’automobile : après les marques coréennes, encore inconnues il y a quelques années, c’est au tout des marques chinoises de débarquer en Europe.

Pour le moment, c’est un débarquement léger : l’Europe a importé l’an dernier seulement 50.000 voitures "made in China". 50.000 sur un marché de 12 millions de voitures l’an dernier : c’est normal que vous ne croisiez pas souvent dans les rues de marques chinoises. Je suis sûr, Matthieu, que vous n’avez jamais vu une Tang, une Lynk ou une XPeng. Ce sont des marques qui ont vendent quelques modèles en Europe mais ça reste encore confidentiel. Cela dit, on estime que les ventes de voitures "made in China" vont être multipliées par dix d’ici 2025, c’est demain, pour atteindre le demi-million, ça va commencer à se voir.

Un peu comme les voitures coréennes il y a quelques années. 

C’est le cauchemar des constructeurs européens. Car vous l’aurez deviné, ces marques chinoises attaquent notre marché là où ça fait mal : par l’électrique, avec des modèles beaucoup moins chers que les nôtres.

Pourquoi ? D’abord parce qu’ils sont massivement aidés en Chine par l‘Etat qui soutient cette technologie et permet aux constructeurs chinois d’amortir leurs coûts sur un marché immense et en très forte croissance. Et ensuite parce que les barrières à l’entrée sur le marché de l’électrique sont bien moins élevées que sur le marché classique : une voiture électrique, c’est moins de composants, c’est une technologie plus facile d’accès. D’où d’ailleurs un très grand nombre de start-up qui tentent leur chance. 

Malgré tout, il faut les faire venir de Chine, ces voitures, ça augmente les coûts.

C’est vrai. Il y a aussi 10% de droits de douane. Mais ça reste rentable et la meilleure preuve, c’est que des constructeurs occidentaux importent eux-mêmes de Chine des voitures qu’ils fabriquent là-bas : Volvo, qui a été racheté par le groupe automobile chinois Geely, fait par exemple venir des S90, une grosse berline, de son usine chinoise. La Spring de Dacia, qui est une voiture électrique fabriquée en Chine, doit aussi être bientôt importée, ce qui suscite d’ailleurs des questions au sein du groupe Renault. BMW va également importer de Chine sa iX3 électrique.

Bref, vous le voyez, ce n’est pas encore l’invasion, mais il va falloir s’habituer à croiser dans les rues de plus en plus de voitures "Made in China".