La consommation des ménages, lueur d'espoir dans la crise économique à venir

  • A
  • A
2:49
© Europe 1
L'édito économique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
Partagez sur :

Carole Ferry, dans son édito éco vendredi sur Europe 1, revient sur un indice rassurant dans le contexte économique actuel : la consommation des ménages.

On sait que l'on se dirige vers une rentrée difficile sur plan Economique, mais dans ce tableau bien sombre, une éclaircie pourrait en partie sauver les comptes publics : la consommation des ménages. La bonne nouvelle, c'est qu'on a quasiment retrouvé les niveaux de consommation d'avant crise. On est toujours 3 points en dessous de la normale mais c'est beaucoup mieux que les scénarios catastrophiques élaborés en plein confinement.Si on regarde le montant de nos dépenses en carte bleu, on a quasiment autant dépensé qu'au mois de juin 2019. Et surtout, selon l'Insee, cette dynamique concerne aussi bien les magasins physiques que les paiements en ligne. Cela veut dire qu'on recommence quasiment à faire du shopping comme avant. Il faut dire que les Français ont beaucoup épargné pendant le confinement : 60 milliards d'euros. Et on devrait atteindre 100 milliards d'ici la fin de l'année. C'est la fameuse épargne forcée.Alors la grande question quand le pays était a l’arrêt : c’était de savoir si une fois la liberté retrouvée les Français allaient jouer les cigales ou les fourmis. Ils jouent en partie les cigales, ils semblent bien décidés à chanter tout l'été et c'est essentiel pour l’économie. Même si les Français vont aussi jouer les fourmis et conserver une grande partie de cette épargne comme un bas de laine pour affronter les mois difficiles qui nous attendent à la rentrée... et sans doute jusqu'en 2022.Les cigales ne vont pas sauver les comptes publics, malheureusement ce serait difficile, mais disons que ça pourrait renflouer un peu le budget de l’Etat. D'abord parce que quand on consomme, on crée de l'activité, on limite la perte d'emploi et on favorise la rentrée de cotisations sociales. Mais surtout parce que, quand on consomme, on paye de la TVA. Or la TVA est la principale source de revenu du budget, c'est même la moitié du budget de l’Etat.On parle toujours de l'impôt sur le revenu mais l’impôt sur le revenu, c'est 75 milliards d'euros par an. La TVA rapporte quasiment deux fois plus : 126 milliards d'euros. Alors en pleine crise, on aurait pu être tenté de diminuer la TVA pour relancer l’économie. D'autre pays l'ont fait, l'Allemagne est passée de 19 à 16% et de 7 à 5% selon les produits. Pareil pour la Grèce qui a réduit la TVA sur les produits alimentaires, la restauration et l'énergie.Alors c'est formidable si vous avez prévu de passer vos vacances en Grèce, cela veut dire que tout coûtera moins cher. Mais c'est un manque à gagner qui pourrait peser très fort sur le budget du pays. En France, nous avons fait le choix de parier sur la consommation des ménages, même sans baisse de le TVA. Pour l'instant le pari semble réussi et c'est toujours ça de gagner pour le prochain budget.