Entre Facebook et les grandes marques, la guerre économique se poursuit et s'amplifie

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© Europe 1
L'édito économique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
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Facebook, au coeur d'une polémique sur ses largesses à l'égard des contenus haineux ou tendancieux, voit de plus en plus d'entreprises suspendre leur publicité sur le réseau social.

La guerre économique se poursuit et s'amplifie entre Facebook et les grandes marques. Il y a quelques semaines, elles étaient une centaine à avoir suspendu leur publicité sur le réseau social. Désormais, elles sont plus de 1.000 et les conclusions d'un récent audit sont venues leur donner raison.

En effet, cet audit accuse Facebook d'avoir pris des décisions problématiques et déchirantes sur la question des droits civiques. Les auteurs reprochent au premier réseau social du monde d'avoir laissé tel quel en ligne, des messages du président américain Donald Trump pouvant décourager le vote ou inciter à la violence contre les manifestant anti-racisme.

Petit rappel pour ceux qui n'auraient pas suivi le dossier : tout a commencé il y a une quinzaine de jours après la mort de George Floyd aux Etats-Unis. Une flambée de colère monte contre les réseaux sociaux accusés de ne pas assez lutter contre le racisme et la violence. Dans ce contexte, Facebook ne réagit pas aux messages de  Donald Trump. C'est là que commence le boycott des marques américaines. Ben and Jerry d'abord, puis Coca-Cola, Adidas, Starbucks, Honda... plus de 1.000 donc sous le "#stop hate for profit", "non à la haine pour les profits".

Marck Zuckerberg a bien fait un peu de racisme-washing, promettant de faire plus attention mais guère plus. Chez Facebook, on vous explique que le groupe fait déjà énormément. 15.000 personnes travaillent uniquement à la modération des contenus. Et puis que ca n'est pas si simple de fixer la limite entre liberté d'expression et propos haineux.

Mais rien de concret concernant les demandes des associations à l'origine du boycott. Elles réclament par exemple le remboursement des annonceurs quand leur publicité se retrouve a côté d'un message haineux ou raciste, une assistance directe pour les utilisateurs victimes de haine ou de harcèlement ou encore la nomination d'un monsieur "droits civiques" au sein de Facebook. Seul ce dernier point aurait retenu l'attention.

A court-terme, ce boycott ne peut pas anéantir Facebook. Facebook, c'est plus de 8 millions d'annonceurs alors mille entreprises, c'est une goutte d'eau. Après, un patron n'a jamais envie de perdre de l'argent, parce que là, on parle quand même en milliards. Sauf que pour attirer des annonceurs, Facebook doit montrer qu'il y a du trafic sur son réseau et qu'est ce qui génère le plus de trafic ? Ce sont les fakenews et les propos tendancieux.

Il reste l'impact sur l'image de Facebook et ça, ça reste très difficile à évaluer.