La Chine durcit le ton sur les "terres rares" stratégiques pour les armées du monde entier

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© Europe 1
L'éclairage éco est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Chaque matin de cette semaine, Daniel Fortin, de la rédaction des Échos, fait le point sur une question d'actualité économique. Aujourd'hui, il revient sur la bataille entre les États-Unis et le Chine sur les minerais stratégiques surnommés les "terres rares".

C’est peut-être un nouveau bras de fer qui s’engage entre les Etats-Unis et la Chine. Il concerne les terres rares, les minerais stratégiques dont la Chine a le quasi-monopole. Elle menace tout simplement d’en priver son client américain...

"Oui et c’est incontestablement un premier test pour Joe Biden, le président américain. Avant lui, Donald Trump avait essuyé le même affront au début de son mandat mais cette fois la menace est encore plus précise. Selon le Financial Times, Pékin aurait testé auprès de plusieurs industriels l’idée de réduire fortement ses exportations de "terres rares", le nom usuel que l’on donne à 17 métaux stratégiques comme le scandium ou l’yttrium. L’idée de la Chine serait surtout de cibler l’industrie militaire américaine. Il faut savoir que ces métaux sont notamment très utilisés dans la fabrications de capteurs pour les radars ou pour les sonars. Si Pékin met sa menace à exécution, les Etats-Unis ne pourraient pas fabriquer leur avion de chasse F35 par exemple.

Mais faut-il vraiment prendre ces menaces au sérieux ?

Alors pour l’instant les chinois ne sont jamais passés à l’acte mais, depuis plusieurs mois, le ton est nettement monté entre les deux puissances. Surtout, la Chine a les moyens de sa politique. Elle fabrique à elle seule 85 % des terres rares dans le monde. La bizarrerie est qu’on l’ait laissée dans une telle situation de monopole alors que ces ressources naturelles sont si importantes pour les industries militaires mais aussi pour la fabrication des smartphones ou celle des panneaux photovoltaïques.

C’est d’autant plus étrange que ces terres rares ne sont pas si rares. Il y en a partout dans le monde. Si l’Occident ne s’est pas emparé de leur exploitation jusqu’ici, c’est parce que l’impact environnemental de leur extraction est épouvantable et donc très difficile à faire accepter à l’opinion. C’est évidemment moins un problème en Chine...

Mais comment peut-on réduire cette dépendance à la Chine ?

Les Etats-Unis comme d’autre pays ont réagi depuis que cette menace a pris corps. Ils ont mobilisé leur industrie minière pour qu’elle développe à son tour des études de prospection. Le problème est que, selon les experts, il faut plus de 20 ans entre la découverte d’un gisement et sa mise en exploitation. C’est une éternité dans le climat actuel de défiance entre les deux blocs. L’autre idée, c’est donc  de trouver des substituts aux terres rares ou de favoriser leur recyclage. C’est notamment une piste qu’étudie aujourd’hui la France."