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L'économie a plutôt bien rebondi après le confinement mais l'Insee décrit le moteur de notre économie comme étant à la fois "bridé et dopé". Depuis le début de la crise du Covid, tous les pays cherchent le bon équilibre entre l’économique et le sanitaire. Ils ajustent en permanence. Nicolas Barré fait le point sur une question d'actualité économique.

C’est la grande inconnue de la rentrée, notre économie a bien rebondi depuis la fin du confinement, mais quand va-t-on retrouver un niveau d’activité normal ?

La réponse va d’abord dépendre de l’équilibre que l’on voudra bien trouver entre l’économique et le sanitaire. L’Insee a une très bonne image pour décrire les choses en disant que le moteur de notre économie est à la fois "bridé et dopé". "Bridé", par le sanitaire, ce sont toutes les mesures qui limitent l’activité et qui font que la productivité est plus faible. Et "dopé", bien sûr, par les mesures de relance et heureusement. Depuis le début de la crise du Covid, tous les pays cherchent le bon équilibre entre l’économique et le sanitaire. Ils ajustent en permanence. À Londres, Boris Johnson se prépare à assouplir la quarantaine qui est dévastatrice pour l’économie. Chez nous, on s’apprête à réduire la quatorzaine à sept jours. Bref, on déplace le curseur du côté de l’économie pour soutenir la reprise.

Et donc pour retrouver le niveau d’activité d’avant-crise ?

Oui mais ça prendra du temps et c’est ce qui ressort du scénario élaboré par l’Insee. À la fin de l’année, nous serons encore 4% en dessous du niveau d’avant. Ça peut vous sembler peu 4%. En fait, si  nous restions longtemps avec un niveau de production inférieur même de 4% à ce qu’il était l’an dernier, ce serait synonyme de forte hausse du chômage et d’un grand nombre d’emplois définitivement perdus : quatre points de PIB, c’est plusieurs de milliers d’emplois en moins. Notre économie a déjà perdu 700.000 emplois au premier semestre. Bref, ne pas retrouver le niveau d’activité d’il y a un an, ce serait synonyme d’appauvrissement pour tous les Français.

Comment pourrait-on éviter ce scénario ?

Les Français ont accumulé beaucoup d’argent depuis le début de la crise du Covid : 85 milliards d’euros. Il faudrait donc qu’ils dépensent, de préférence pas pour acheter un nouvel iPhone. Mais pour qu’une mécanique vertueuse s’enclenche, il faut ce signal positif du côté de la consommation. C’est ce qu’attendent les entreprises. Ce qui peut tuer la reprise, c’est que faute de signal du côté de la demande, les entreprises gèlent leurs investissements. Un tiers d’entre elles ne savent pas dater le retour à la normale aujourd’hui. Elles sont dans le brouillard et pour en sortir, il faut un signal de confiance. Ça n’est pas hors d’atteinte.