Covid-19 : Bercy veut accélérer sur le plan de relance

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© Europe 1
L'éclairage éco est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Chaque matin, Nicolas Barré, directeur de la rédaction des Échos, fait le point sur une question d'actualité économique. Aujourd'hui, il revient sur la volonté de Bercy d'accélérer les dépenses dans le cadre du plan de relance destiné à lutter contre la crise du Covid-19.

Faut-il faire plus pour la relance ? Le gouvernement veut accélérer son plan de 100 milliards sans pour autant augmenter l’enveloppe. Le débat est ouvert...

"Oui, il faut peut-être y voir un effet américain : aux Etats-Unis, Joe Biden a impressionné les autres pays occidentaux en faisant adopter un plan de relance gigantesque de 1.900 milliards de dollars, ce qui représente presque 10% du PIB américain. D’où la question : notre plan de relance à 100 milliards d’euros, soit moins de 5% du PIB, est-il suffisant ? François Bayrou, le commissaire au plan, a même carrément plaidé pour un plan à 250 milliards.

Et il s’est fait poliment retoquer par Bercy…

Oui car cette bataille de chiffre, en réalité, n’a pas tellement de sens. D’abord, la comparaison avec les Etats-Unis est trompeuse parce que les plans américains intègrent des mesures sociales, par exemple une augmentation de l’enveloppe d’indemnisation pour les chômeurs, qui sont couvertes chez nous par notre système social. La vraie question, en revanche, c’est de savoir si cet argent est convenablement dépensé et au bon rythme. Sur ce point, Bercy estime que nous n’y sommes pas encore et qu’il faut accélérer. C’est ce qu’a expliqué lundi Bruno Le Maire qui se trouve dans la position rare d’un ministre des Finances voulant dépenser des milliards plus vite ! Depuis le début de l’année, l’Etat dépense environ trois milliards par mois pour la relance, soit 750 millions par semaine…

Et cela concerne des milliers d’entreprises…

Plus de 30.000 en ont bénéficié selon Bercy. Alors accélérer ces dépenses pour quoi faire ? Le gros de l’effort doit porter sur la ré-industrialisation. L’enveloppe prévue pour la relocalisation des industries critiques, par exemple dans la santé, va être revue à la hausse, de 250 à 850 millions. De même que les subventions pour les investissements industriels. Bercy veut aussi accélérer sur un des points noirs de nos entreprises : la digitalisation, où nous sommes en retard par rapport à nos voisins européens.

Autre domaine : le plan de relance a commencé à financer le déploiement de bornes de recharge de voitures électriques sur l’autoroute. Il est prévu aussi d’investir dans de nouvelles liaisons ferroviaires, dans la transition énergétique... Ce plan de relance, c’est en fait une multitude de projets qui doivent permettre de soutenir l’économie alors que nous ne sommes pas sortis de la crise sanitaire. Il est trop tôt pour dire si ces 100 milliards suffiront. Mais on peut parier que plus on s’approchera de l’échéance présidentielle, plus le concours d’idées pour dépenser plus va s’intensifier. En oubliant au passage que tout cet argent, nous l’empruntons…"