Coronavirus : le marché du pétrole au plus bas

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L'édito économique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
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Le prix du pétrole s'effondre, à tel point qu'on se demande comment stocker la production. Comme le raconte l'éditorialiste Nicolas Barré, mardi matin, les producteurs se retrouvent face à une solution paradoxale dans laquelle ils vont jusqu'à payer des acheteurs pour qu'ils le débarrassent.

C’est la conséquence d’une planète économique à l’arrêt : le prix du pétrole s’effondre, au point qu’on ne sait même plus comment stocker la production.

Oui, car arrêter un puits de pétrole, c’est un peu plus compliqué que de fermer un robinet. Même si les prix s’effondrent faute de demande, les producteurs continuent de pomper. A moins de 20 dollars le baril, le prix actuel, certains producteurs perdent de l’argent par rapport au coût d’extraction. Mais ils préfèrent vendre leur or noir à perte plutôt que d’arrêter des puits. Car c’est une opération complexe sur le plan technique et surtout ça coûte cher ensuite de redémarrer un puits qui a été arrêté. Du coup, que se passe-t-il ? On continue à pomper et comme la demande s’écroule, on stocke.

Mais on ne peut pas stocker indéfiniment !

Non. Les capacités de stockage mondiales seront bientôt saturées. Pour vous dire à quel point le monde marche sur la tête : on s’attend à ce que certains producteurs, pour ne pas avoir à supporter le coût de l’arrêt d’un puits, paient des acheteurs pour qu’ils les débarrassent de leur surplus de pétrole. Le prix du baril deviendrait ainsi négatif !

En attendant, cette situation est dramatique pour bon nombre de producteurs. Un pays comme l’Algérie, par exemple, voit ses recettes pétrolières s’effondrer. La Russie et l’Arabie saoudite subissent un plongeon de leurs rentrées de devises. Et les Etats-Unis s’attendent à des faillites en chaîne de producteurs de pétrole de schiste. Cette crise est tout simplement inédite.