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Chaque matin, Nicolas Barré fait le point sur une question d'actualité économique.

On a du mal à le croire : l’Allemagne vient d’annoncer un excédent de son budget de 60 milliards d’euros, pas loin de ce que rapporte l’impôt sur le revenu français.

C’est un chiffre énorme et ce qui est surtout impressionnant, c’est que tous les comptes publics sont en excédent en Allemagne : le budget de l’Etat fédéral est en excédent, la Sécu est en excédent mais aussi les communes et les Länder !

Ils ont tous une énorme cagnotte en fait !

Cela fait cinq ans que cette cagnotte augmente car les Allemands ont décidé que plus une seule dépense publique ne serait financée par de la dette. Derrière ce principe qui peut paraître dogmatique, il y a en fait une double stratégie qui doit nous faire réfléchir pour notre grand débat national. Un : c’est le désendettement, pour laisser aux générations à venir, moins nombreuses, un fardeau moins lourd. Nous faisons exactement le contraire chez nous. Et deux, ces excédents permettent d’avoir des marges de manœuvre quand l’économie ralentit.

Et c’est ce qui se passe en ce moment, la croissance ralentit partout

Le monde entre dans une période de ralentissement, mais nous n’entrons pas égaux. L’Allemagne y entre avec des réserves et elle a maintenant deux choix pour soutenir l’économie : baisser les impôts (ce que demande la droite) ou investir dans des infrastructures (ce que veut la gauche). Mais qu’on soit de gauche ou de droite, l’Allemagne peut le faire sans se retrouver en déficit. Chez nous aussi, on a des gens qui veulent baisser les impôts et d’autres qui veulent plus de dépenses publiques. Parfois on veut même les deux ! Mais dans les deux cas, on n’en a pas les moyens.

Et du coup on se prépare moins bien pour les temps difficiles qui arrivent

Un seul exemple : l’OCDE a publié hier une étude montrant que c’est en France que l’impôt sur les sociétés est parmi les plus élevés de tous les pays développés. Ce n’est pas une bonne manière de préparer l’avenir : si elles payaient moins d’impôt, nos entreprises investiraient sans doute plus. Mais le gouvernement français vient de renoncer à réduire autant qu’il l’aurait voulu l’impôt sur les sociétés. Pourquoi ? Parce qu’on n’en a pas les moyens. Comment retrouver des marges de manœuvre ? Voilà un sujet dont nous devrions débattre, peut-être en regardant ce qui se fait ailleurs.