Comment Carlos Tavares a amélioré la rentabilité de PSA ?

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© Europe 1
L'éclairage éco est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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A la tête de PSA depuis 2014, le Français Carlos Tavares a permis au groupe automobile de se redresser, alors que le marché traverse l'une des pires tempêtes de son histoire. Une méthode qui a fait ses preuves et qu'il compte appliquer au groupe Fiat, qui connait des problèmes similaires à ceux de Peugeot il y a sept ans.

Le groupe automobile PSA, qui vient de se marier avec Fiat-Chrysler, est en pleine forme : malgré la crise, il affiche l’une des rentabilités les plus élevés de l’industrie automobile mondiale.

Oui et ces performances, le groupe français les doit beaucoup à Carlos Tavares, celui qui dirige PSA depuis 2014 et qui l’a brillamment redressé. PSA aujourd’hui, c’est 10% de marge, un record alors que le marché auto traverse la pire tempête de son histoire.

Carlos Tavares vient donc de prendre les commandes du nouveau groupe franco-italo-américain qui a produit 6 millions de voitures l’an dernier. Sa tâche est immense car, il nous le dit dans un entretien, Fiat a les mêmes problèmes que PSA il y a sept ans. Il entend donc appliquer sa méthode au groupe italien pour le redresser, sachant que la branche américaine, elle, avec une marque à succès comme Jeep, se porte bien. 

Et en quoi consiste cette méthode ? 

C’est d’abord celle d’un ingénieur qui a fait toute sa carrière dans l’industrie automobile, c’est un spécialiste très pointu du secteur, il connaît tous les détails du fonctionnement d’une usine ou d’une chaîne logistique. C’est un vrai passionné, il est pilote de rallye, c’est aussi quelqu’un qui, lorsqu’il est arrivé chez PSA, a su dresser un diagnostic sans concession mais a surtout tracé la feuille de route du redressement en s’appuyant sur les forces du groupe. Au fond, c’est un patron qui sait dire à ses troupes : on ne va pas bien, on peut s’en sortir et même être très forts, ça va être dur, mais voilà comment on va faire et voilà combien de temps ça va prendre. Bref, un discours qui redonne confiance parce qu’on sait où on va. Il a appliqué sa méthode chez PSA, on l’a dit, mais aussi chez Opel, constructeur automobile allemand malade qu’il a également sauvé après son rachat il y a quatre ans. 

Ce qui lui vaut aussi une réputation de manager un peu brutal… 

C’est vrai, il va vite, il tranche vite. Il déteste perdre du temps. Il raconte qu’il demande à ses troupes d’arrêter avec les présentations de 50 slides qui servent juste à montrer au chef qu’on a bien travaillé. Il a été l’un des tout premiers patrons à basculer à fond dans le télétravail, 4 jours sur 5. A la tête de Stellantis, c’est comme ça que s’appelle le 

groupe issu de la fusion entre PSA et Fiat Chrysler, il va devoir gérer un empire qui compte plus de 12 marques. Il n’aura clairement plus le temps de s’occuper de tous les détails. Mais au moins, c’est un groupe qui a mieux traversé la crise que bien de ses concurrents. C’est un atout.