Chez Renault et Nissan, l'après Carlos Ghosn se profile

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L'édito économique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
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Chaque matin, Nicolas Barré fait le point sur une question d'actualité économique.

Renault et Nissan ont réuni chacune jeudi un conseil d’administration, l'après-Ghosn se dessine. Sa garde à vue vient d'être prolongée vendredi matin par le procureur de Tokyo pour une nouvelle période de 22 jours à l’issue de laquelle le procureur peut trouver une autre raison de la prolonger encore trois semaines. Et cela peut continuer encore longtemps.

Du côté français, on brandit toujours la présomption d’innocence.Mais plusieurs hauts dirigeants ne cachent pas leur trouble par rapport aux "libertés" que Ghosn avait pu prendre avec les règles ces dernières années chez Nissan. Y avait-il les mêmes problèmes chez Renault ? Apparemment non, l'enquête interne n'ayant rien donné. Les administrateurs ont été informés jeudi de ses conclusions : les rémunérations des principaux dirigeants du groupe sur 2017 et 2018 ont été passées au crible et il n'y a eu aucune fraude. Mais même si on ne trouve rien, il est évident que Carlos Ghosn n’est plus en mesure d’assurer la présidence de Renault. Et on s’oriente donc vers une officialisation de cet état de fait.

La nomination d’un nouveau patron se profile, peut-être avec l’arrivée du patron sortant de Michelin, Jean-Dominique Sénard, qui formerait un tandem avec l’actuel directeur général de Renault Thierry Bolloré. Mais d’autres options existent. Patrick Pelata, qui a été directeur général adjoint de Nissan, connait très bien le Japon et est très respecté. Il a été directeur général de Renault.

Il peut aussi y avoir une option extérieure. On pense à Didier Leroy qui est l’actuel numéro 2 de Toyota. Bref, une page se tourne car le plus important - et c’est le message du conseil d’administration de Nissan - c’est que l’alliance continue car elle est nécessaire aux deux groupes.

Les Japonais l’ont réaffirmé jeudi, ils veulent poursuivre cette alliance. Et c’est ce qu’il y a de plus important. L’industrie automobile connaît une révolution. Jeudi, on apprenait que Ford et Jaguar-Land Rover allaient supprimer des milliers d’emplois en Europe. Et en même temps, les mêmes constructeurs automobile investissent des sommes importantes dans la voiture autonome, connectée, électrique, hybride, à hydrogène etc. L’automobile est en train de passer de l’ancien monde au nouveau monde. Or pour y parvenir  et rester au sommet du marché mondial, Nissan, Renault et Mitsubishi auront bien besoin de l’alliance.