Budget italien : le nouveau rejet de Bruxelles qui ouvre la voie à des sanctions

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L'éclairage éco est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Chaque matin, Nicolas Barré fait le point sur une question d'actualité économique.

Pour la première fois dans l’histoire de l’Union européenne, Bruxelles a rejeté le budget de l’Italie ce mercredi. Le bras de fer avec Rome pourrait déboucher sur des sanctions financières.

C’est un engrenage qu’il faut absolument éviter car il est mortifère pour l’Italie et pour la zone euro. En menaçant l’Italie, Bruxelles fragilise encore plus le pays et on peut déjà écrire la suite : les taux d’intérêt sur la dette italienne vont grimper. Il y a déjà un écart de 3% avec l’Allemagne. Or l’Italie, vu son niveau de déficit, a besoin d’emprunter environ 1 milliard d’euros par jour ouvrable. Bruxelles a évidemment raison de s’alarmer du niveau de la dette de l’Italie. Mais le bras de fer avec Rome ne fait qu’aggraver le problème. C’est comme si on n’avait rien appris de la crise grecque : on regarde les comptes du pays, on oublie sa réalité.

 

C’est-à-dire ?

La réalité c’est d’abord un pays qui n’a toujours pas retrouvé son niveau de richesse par habitant d’avant la crise de 2008 : c’est un pays qui s’est appauvri en dix ans. Ce n’est pas en resserrant encore plus la contrainte financière que l’on améliorera sa situation. Pire : cela va fragiliser les banques dont certaines sont au bord du gouffre. La première banque italienne, Unicredit, songerait même à se couper en deux avec d’un côté ses activités internationales, qui seraient pilotées en Allemagne, et de l’autre les activités italiennes, pour éviter qu’elles ne plombent le reste. L’Italie est au bord d’un engrenage qu’on connaît trop bien: les investisseurs internationaux perdent confiance, l’étau financier se resserre et à la fin, la Banque centrale européenne arrive, comme la cavalerie dans les western, pour éviter le massacre, c’est-à-dire une crise générale dans toute la zone euro. Mais fondamentalement ça ne règle rien et ça laisse un pays encore plus endetté, toujours sur le chemin de la paupérisation et encore plus sensible aux sirènes des extrêmes.

 

 

 

Lire l’article des Échos - Pierre Moscovici : « les dérapages italiens sont considérables »

https://www.lesechos.fr/monde/europe/0600188246773-pierre-moscovici-les-derapages-italiens-sont-considerables-2223595.php