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Benjamin Smith à la tête d’Air France : il faut lui laisser un peu de temps

Date de publication
Chronique · Économie
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Chaque matin, Nicolas Barré fait le point sur une question d'actualité économique.


Bienvenue à bord ! C’est aujourd’hui que le Canadien Ben Smith prend ses fonctions à la tête d’Air France-KLM. Peut-il redresser le groupe ?

À la condition qu’on le laisse tranquille ! Car pour la toute première fois de son histoire, Air France a deux chances. Tout d’abord, son nouveau patron n’est pas un haut fonctionnaire. Ensuite, il vient du secteur aérien. Alors oui, il faut le laisser tranquille.

D’abord sur sa rémunération. En France, on se scandalise facilement du salaire d’un patron, juste parce que c’est un patron mais quand c’est une star du foot, on s’en fiche. Il faut arrêter d’être hypocrite : soit on voulait encore un haut fonctionnaire, soit on veut un vrai dirigeant du métier et il faut y mettre le prix. En l’occurrence, 900.000 euros de fixe plus une part variable qui peut grimper jusqu’à 3,6 millions d’euros. S’il sauve le groupe, ça le vaut largement.

Il faudra aussi que les pilotes le laissent tranquille ?

Pour être précis, que la direction jusqu’au-boutiste du Syndicat national des pilotes de ligne, qui ne reflète pas ce que pensent tous les pilotes, le laisse faire son métier, cesse de prendre les passagers en otage et revienne sur terre par rapport à ses revendications de hausse de salaire de 10,8. Les pilotes méritent mieux que la mauvaise image que donne d’eux leur syndicat qui est une force de blocage.

 

Et elle n’est pas la seule ?

L’État aussi doit laisser le nouveau patron d’Air France tranquille. Il détient 14% du capital, qu’il les vende ! Ça aurait le mérite de la clarté. Les pilotes ne pourraient plus se dire que l’État sera toujours là pour payer. Ce serait un excellent signal. L’État a prouvé qu’il était un très mauvais actionnaire, prisonnier de jeux politiques, sensible à toutes les pressions et sans vision de long terme. L’heure est grave. Même en laissant Ben Smith tranquille, il n’est pas sûr qu’il sauve la compagnie. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il ne la sauvera pas si on ne lui laisse pas les coudées franches.