Assurance vie : les consommateurs demandent à sauvegarder leurs avantages fiscaux

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L'édito économique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
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Chaque matin, Daniel Fortin fait le point sur une question d'actualité économique.

Daniel Fortin remplace Nicolas Barré ce lundi 25 février 2019.

C’est peut-être un nouveau problème en vue pour le gouvernement, les Français ne sont pas contents de leurs contrats d’assurance-vie car ils ne les trouvent pas assez rémunérateurs. Du coup, les associations de consommateurs se mobilisent.

Quand on sait que 37 millions de Français sont potentiellement bénéficiaires, ça peut faire du bruit. L’assurance-vie est le placement préféré de nos compatriotes, avec 1.700 milliards d’euros placés aujourd’hui. Le problème c’est qu’ils ne rapportent presque plus rien. Pire, beaucoup d’épargnants perdent de l’argent. Pourquoi ? D’abord parce que les taux d’intérêt sont descendus trop bas, ce qui fait que les rendements moyens sont à 1,7%. Ensuite, deuxième problème, l’inflation dépasse aujourd’hui les 1,8 % ce qui fait que beaucoup de contrats sont en effet perdants.

Comment peut-on remédier à cette situation ?

Les associations de consommateurs demandent une chose très simple, introduire plus de concurrence sur le marché de l’assurance-vie. Ils veulent que les clients puissent plus facilement transférer leurs contrats vers une banque qui offrirait un meilleur rendement. C’est théoriquement possible aujourd’hui, le problème c’est que vous perdez au passage tous les avantages fiscaux liés au contrat. C’est cela qu’ils veulent changer et ils demandent aux députés de se saisir du sujet.

Ont-ils une chance d’être entendus ?

Oui, plusieurs élus se sont montrés favorables à cette mesure. Ils pourraient l’ajouter à l’examen de la loi Pacte dans les prochains jours. Pour l’instant, le gouvernement n’est pas chaud mais il va devoir bouger parce que l’assurance-vie c’est aussi un élément important du pouvoir d’achat des Français, un sujet particulièrement sensible depuis la crise des Gilets jaunes. Après s’être mis à dos les retraités, Emmanuel Macron ne peut pas prendre le risque de fâcher les petits épargnants car au fond, ce sont eux qui subissent le plus les conséquences de la crise de 2008. Pour éviter que l’économie ne soit trop longtemps à l’arrêt, les banques centrales avaient décidé d’abaisser leur taux d’intérêt afin de relancer l’activité. Aujourd’hui, ce sont les détenteurs d’Assurance-vie ou de Livret A qui en payent le prix et ils sont nombreux.