2:20
  • Copié

L’OPEP fête aujourd’hui ses 60 ans mais il a perdu e son influence notamment à cause des énergies renouvelables qui sont en train de dépasser les énergies fossiles. Nicolas Barré fait le point sur une question d'actualité économique.

L’OPEP fête aujourd’hui ses 60 ans. Jadis, le cartel du pétrole faisait trembler le monde. Aujourd’hui, il tremble à chaque tweet de Donald Trump.

La dernière fois que des Occidentaux se sont rués sur des vélos avant le Covid, c’était en 1973. Les pays arabes de l’OPEP réunis au Koweit décident un embargo sur les exportations de pétrole aux pays qui soutiennent Israël lors de la guerre de Kippour. Le pétrole manque, le prix du baril quadruple, de trois à 12 dollars, c’est le premier choc pétrolier, l’OPEP, né quelques années plus tôt, en 1960 à Badgdad, prend conscience de sa puissance. 

Une puissance économique et politique.

Pour des pays opposés à Washington comme l’Iran et le Venezuela, l’OPEP est un moyen de faire plier les États-Unis. Au sein du cartel, ce sont les deux pays qui résistent le plus aux pressions américaines pour faire baisser les prix. Mais au fil des années, leur influence a diminué, la part de l’Iran dans la production de l’OPEP a été divisée par deux, celle du Vénézuela par quatre, tandis que l’Arabie Saoudite est passée de 7 à 35% et s’est imposée comme LA puissance dominante du cartel. Mais comme on le sait, une puissance alliée des États-Unis. Et qui a tendance à leur obéir. Un exemple parmi d’autres: le 22 juin 2018, Trump se fend d’un tweet demandant à l’OPEP d’augmenter sa production de pétrole pour faire baisser les cours. Quelques heures plus tard, l’OPEP décide d’augmenter sa production d’un million de barils par jour. Même scénario en avril cette année: Trump cette fois veut que l’OPEP réduise sa production car les cours se sont écroulés à zéro. Et cela menace l’industrie pétrolière américaine. Il menace Ryiad de retirer les troupes américaines d’Arabie Saoudite. Ni une ni deux, l’OPEP s’exécute et réduit sa production. 

L’OPEP, en fait, a perdu de son influence.

Le pétrole ne compte plus autant que dans les années 70: à l’époque, il représentait 50% de l’énergie mondiale. Aujourd’hui, à peine un tiers. Le choc pétrolier de 1973 a donné le coup d’envoi au nucléaire: le programme français est né comme cela. Et surtout aujourd’hui, les énergies renouvelables sont en train de dépasser les énergies fossiles. L’OPEP n’est pourtant pas mort, il s’est allié depuis 2016 à 9 pays dont la Russie, c’est ce que l’on appelle l’OPEP Plus. Mais le pays qui pèse le plus lourd sur le marché du pétrole n’est ni la Russie ni l’Arabie Saoudite, ce sont les États-Unis, devenus le premier producteur mondial. Du coup, le levier politique dont disposait l’OPEP il y a un demi-siècle face à la première puissance mondiale a disparu.