Reprise économique : sans progrès, pas de croissance !

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Chaque matin, Nicolas Beytout analyse l'actualité politique et nous livre son opinion. Ce mardi, il s'intéresse aux projections de croissance qui sont moins mauvaises qu’on ne l’imaginait. Il faut tout faire pour la relancer que ça plaise ou non aux écolos et aux militants de la décroissance..

Bonne nouvelle, les économistes de la Banque de France ont révisé leurs prévisions de croissance dans le bon sens.
Dans le bon sens, c’est-à-dire qu’ils pensent désormais que la récession, le terrible choc subi par notre économie, sera au total moins sévère cette année qu’ils ne l’avaient imaginé jusque-là. La plupart des économistes s’attendaient à un recul de 11%, diagnostic partagé par Bruno Le Maire qui ne cachait pas, en même temps, qu’il espérait que son plan de relance aurait un effet dopant dès cette année.

C’est donc le cas. Et on peut s’attendre à quel chiffre ?

À -8,7%, la pire performance depuis la dernière guerre, ce n’est donc pas très réjouissant quand même. Mais après le plongeon de cette année, on aura l’an prochain un boom de croissance de près de 7,5%, soit la meilleure performance depuis la guerre. Enfin en apparence, parce qu’on repartira de tellement bas que la progression ne permettra pas d’effacer tout le terrain perdu. Pour ça, il faudra attendre l’année suivante. Le début de l’année 2022, précise même la Banque de France qui a avancé de trois mois ce moment où on pourra enfin se dire que cette catastrophe est derrière nous.
Début 2022, c’est un hasard ? Tout le monde sait ce qui se passera en avril 2022, l’élection présidentielle.

Non, il n’y a pas de loup. Les économistes de la BdF ne font pas de politique. Nicolas Beytout connait bien le Gouverneur de la BdF, François Villeroy de Galhau. Il préfèrerait avaler d’un bloc tous ses manuels d’économie plutôt que de faillir à sa réputation d’intransigeance.

Et puis, n’oublions pas que ce ne sont que des projections. Et comme le disait Pierre Dac au siècle dernier : "Les prévisions sont difficiles, surtout lorsqu’elles concernent l’avenir".

Qu’est-ce qui peut contredire ces pronostics ?

À part une rechute grave due au Covid ou des événements internationaux, par nature difficiles à maîtriser, le risque c’est le manque de confiance. Pour l’instant, le plan de relance semble assez bien calibré pour soutenir l’activité économique et le social, ce qui peut créer un cercle vertueux. Mais le plus important, c’est la tendance de fond : est-ce que les Français ont envie de croissance ? Est-ce qu’ils ont intégré la nécessité d’investir, d’échanger, de commercer, d’aller chercher le progrès ? Tout ça en respectant les impératifs de l’époque bien sûr, on pense en particulier à tout ce qui concerne la défense du climat. Mais sans progrès, pas de croissance. Regardez le débat sur la 5G. Bien sûr, aujourd’hui on vit sans et on s’en passe. Mais lorsque cette accélération technologique aura fait émerger des quantités d’usages nouveaux et créé des entreprises et des emplois nouveaux, ceux qui auront fait le pari de la croissance pourront, preuves en main, se retourner vers les apôtres de la décroissance et leur demander des comptes.