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Chaque matin, Nicolas Beytout analyse l'actualité politique et nous livre son opinion. Ce lundi, il s'intéresse aux candidatures d"clarées pour la présidentielle de 2022. Selon lui, il ne manque plus que celle d'Emmanuel Macron.

Cette fois, la campagne pour la présidentielle est véritablement lancée.

La petite histoire politique contemporaine retiendra que c’est ce week-end qu’aura été donné le top départ de cette compétition qui ne va plus durer qu’à peine plus de quatre mois. Vingt semaines d’une course dont on connaît depuis samedi tous les protagonistes (si tant est qu’ils aient tous leurs 500 signatures, ça va de soi).

Le fait majeur de ces 48 dernières heures, c’est bien sûr la désignation de Valérie Pécresse comme candidate officielle des Républicains. Son entrée en lice rebat largement les cartes de la campagne, et probablement les stratégies de tous ceux qui (en particulier dans l’entourage d’Emmanuel Macron) avaient parié que Xavier Bertrand porterait les couleurs de cette famille politique. A sa place, Valérie Pécresse aura plusieurs atouts à faire jouer : d’abord celui de conduire une droite républicaine qui s’est montrée rassemblée pendant la primaire. Pour peu que la candidate sache gérer le nouveau (très gros) appétit d’Eric Ciotti et son rang dans la campagne (autrement dit, pour peu qu’elle ait retenu le contre-exemple de François Fillon dans ce domaine), elle peut créer une dynamique puissante. En plus, autre atout, c’est une femme, elle a une image de droite engagée mais non sectaire, et elle sait gagner des élections. Tout ça pourrait rendre plus difficile l’opération de séduction du camp Macron et d’Edouard Philippe à l’égard du vote de droite et permettre à la dame en rouge de se faufiler au second tour de la présidentielle, et pourquoi pas de gagner. Car, et c’est l’autre fait marquant du week-end, la droite de la droite est maintenant double…

Avec le lancement par Eric Zemmour de son parti "Reconquête".

Oui et son premier véritable meeting politique, un exercice totalement différent des réunions pseudo-littéraires qu’il tenait jusqu’à présent pour la promotion de son livre. Une réunion de masse à Villepinte, une bonne dizaine de milliers de militants très fervents, autant l’acte I de son démarrage de campagne (son clip et son interview sur TF1) avaient été inégalement perçu, autant cette fois, Eric Zemmour a montré qu’il avait un bon début de mobilisation derrière lui. Je dis « un bon début », parce que malgré tout, le concurrent de Marine Le Pen n’a pour l’instant pas réussi à emmener avec lui des figures ni des Républicains, ni du Rassemblement national. Mais c’est un fait, il est lancé, et comme on ne voit plus aucune raison pour laquelle ni lui, ni Marine Le Pen, n’iraient pas jusqu’au bout, ça signifie que le seuil à atteindre pour être qualifié pour le second tour face à Emmanuel Macron n’est plus de 22, 24 ou 26% (le score potentiel d’une Marine Le Pen sans candidat sur sa droite), mais de 16, 17, 18%. A ce jour, 3 candidats peuvent raisonnablement y prétendre : Marine Le Pen, Eric Zemmour et Valérie Pécresse…

Et donc personne à gauche.

Non, Jean-Luc Mélenchon l’a confirmé hier (oui, parce que lui aussi tenait son premier grand meeting de campagne) : il ne fera aucune alliance avec ses camarades (je pourrais même dire ses adversaires) de gauche, Anne Hidalgo et Yannick Jadot. Il veut rassembler leurs électeurs, mais pas leurs chefs. Résultat : aucun des trois ne peut donc espérer se qualifier.
On connaît tous les concurrents, sauf que Emmanuel Macron n’est pas officiellement déclaré.

Vous connaissez le vers de Lamartine : « Un seul être vous manque et tout est dépeuplé ». Cette fois, c’est l’inverse : un seul être manque encore à l’appel (Emmanuel Macron), mais comme tout le monde sait qu’il est de fait candidat, rien n’est dépeuplé. Il y a cinq ans, François Hollande venait de renoncer à se représenter pour un second mandat, cette fois, ça n’arrivera pas. Le sortant défendra ses chances, mais depuis ce week-end, il ne sait plus avec certitude face à qui.