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Ce jeudi soir sur France 2, dans l'émission "Vous avez la parole", le ministre de l'Intérieur Gérald Darminin fera face à la présidente du Rassemblement national Marine le Pen. Un débat très attendu qui tombe à pic pour les deux protagonistes, qui s'affronteront sur des thèmes qu'ils maitrisent : la sécurité, l'immigration ou encore le séparatisme.

C’est un débat très attendu : Marine Le Pen affrontera ce soir Gérald Darmanin dans l’émission Vous avez la parole, sur France 2.

Oui, un débat qui tombe à pic pour chacun des deux protagonistes. Pour le ministre de l’Intérieur, c’est l’occasion de valoriser la loi sur les séparatismes qui vient de passer à l’Assemblée, et de souligner le travail qu’il a effectué sur la question du terrorisme et de l’islamisme.

Il vient justement de publier un petit livre sur ce sujet.

Exactement. Et pour Marine Le Pen, ce sera l’occasion de revenir sur ses thèmes de prédilection, ceux sur lesquels elle a toujours fondé une grande partie de son offre politique : la sécurité, l’immigration et le séparatisme. En plus, depuis un an, on ne parle quasiment que du Covid, confinement/déconfinement/couvre-feu et variants. Et pour un leader politique, sortir de ces sujets imposés sur lesquels il est très difficile de se différencier, c’est une aubaine. 

Ça promet une discussion animée, parce que ce sont tous les deux des débatteurs assez vifs.

Et qui peuvent vite se laisser emporter et devenir plutôt agressifs. Ce sera leur défi à tous les deux : le ministre de l’Intérieur aura une chance de lisser son image parfois un peu roquet, et la présidente du Rassemblement national essaiera de travailler son statut de présidentiable. 

A la fin de ce genre de débat, on cherche toujours un vainqueur. Vous avez un pronostic ?

Non, je note simplement que tous les deux sont très affûtés sur ces sujets. Cela dit, Gérald Darmanin aura un handicap : celui du bilan. Il est au pouvoir, et sur la sécurité par exemple, on peut lui opposer les mauvaises statistiques de la délinquance. Sur la loi séparatisme, autre exemple, on pourra lui reprocher une forme de timidité qui a empêché des débats. Tenez : sur le voile des petites filles ou sur les sorties scolaires.

Mais il aura un avantage : être là, je veux dire être celui qui débat face à celle qui s’installe dans l’imaginaire des Français comme finaliste à l’élection présidentielle. Ça élève Gérald Darmanin, ça le place à un niveau politique qu’il cherche en permanence à atteindre. 

Et pour Marine Le Pen ?

On l’a dit, ce sont ses sujets de prédilection, ceux sur lesquels elle n’a aucune nuance, sur lesquels elle peut taper dur, parce qu’elle sait que beaucoup de Français sont sensibles à ses thèses. C’est sa force, et c’est aussi sa faiblesse. Parce que, aussi haut soit-elle dans les sondages, ce n’est pas en étant forte sur ses thèmes de prédilection qu’elle s’imposera, mais en essayant de progresser aussi sur les sujets qu’elle maîtrise mal : l’économie, la fiscalité, l’international. Et là, il va se passer du temps avant qu’elle accepte le débat.