L'accalmie sur le front du Covid-19, un rayon de soleil pour le gouvernement

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© Europe 1
L'édito politique est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Chaque matin, Nicolas Beytout, le directeur du journal "L'Opinion" analyse l'actualité politique et nous livre son point de vue. Ce vendredi, il s'intéresse à l'accalmie sur la plan du Covid-19 qui réjouit le gouvernement.

Ce matin, nous parlons de météo, et d’un rayon de soleil...

"Oui, parce que le soleil est revenu, au propre comme au figuré...

Au propre, c’est la météo de Laurent Cabrol...

Et au figuré, c’est ce rayon qui éclaire depuis quelques jours le visage des ministres, avec un léger sourire perceptible derrière les masques. Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais depuis quelques temps, le Covid ne fait plus systématiquement la Une des journaux. Alors, bien sûr, il y a la neige, le froid... mais côté Covid, on constate une sérieuse accalmie. Le nombre des tests positifs, des hospitalisations et des réanimations est stable, ou même en très légère décrue, comme si on avait atteint un plateau. Et on commence à entendre de la part du gouvernement de timides mais réels messages positifs : Olivier Véran comme Gabriel Attal assument l’idée qu’il pourrait ne plus jamais y avoir de confinement et Jean Castex a séché hier soir la conférence de presse hebdomadaire qui servait jusqu’ici à remobiliser les Français et à leur dire que le pire était peut-être devant nous. 

Les chiffres restent tout de même assez élevés…

Oui mais beaucoup moins que ce qui avait été annoncé par tous ceux, médecins et scientifiques, qui parlaient de l’imminence de la 3e vague ou de la tornade des variants. Et du côté de la majorité, on ne se prive pas de le souligner : les médecins qui appelaient à un reconfinement se sont trompés, exactement comme ceux qui, lors du 2e confinement, avaient alerté sur l’arrivée en réa de 9.000 patients. Ça ne s’est pas passé en novembre, ça ne s’est pas passé en février et tout ça donne raison à Emmanuel Macron. Le Président avait déjà précipité la sortie du confinement l’an dernier et a de nouveau imposé au monde médical une décision politique, avec le refus du reconfinement il y a 15 jours. Il a repris la main.

Ses partisans applaudissent...

Exactement. En espérant que les variants ne viendront pas gâcher ce moment et que le gouvernement pourra enfin parler d’autre chose : d’égalité des chances, par exemple, ou de la nouvelle législation sur l’inceste. Les plus optimistes au sein de la majorité en viennent même à suggérer que nous entrons dans une nouvelle période, celle de la vie avec le virus, dans un environnement où de plus en plus de Français se feront vacciner.

A l’appui de leur thèse, cette arrivée des tests salivaires, que l’on pourra même un jour pratiquer chez soi, comme une banale prise de température. Alors, mais seulement alors, le chef de l’Etat pourra commencer à essayer de récolter les dividendes de son audace de la fin du mois de janvier. J’admets que c’est une prévision aussi aléatoire que peut l’être la météo..."