La violence revient bousculer l'agenda gouvernemental

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Chaque matin, Nicolas Beytout analyse l'actualité politique et nous livre son opinion. Ce mardi, il s'intéresse à la violence qui revient bousculer le programme gouvernemental. Pour lui, Gérald Darmanin n’a toujours pas réglé le problème de la violence en France.

Contrairement à ce qui s’était produit dimanche soir après la défaite du PSG, il n’y a pas eu d’incident, ce lundi soir, à l’occasion du retour des joueurs dans la capitale.

Le Préfet de Police avait interdit les rassemblements et la consommation d’alcool dans le quartier des Champs-Élysées, par ailleurs fortement quadrillé par les forces de l’ordre. Il faut dire que la nuit précédente avait été émaillée de violences et de saccages incroyables. Carcasses de voitures sur le toit ou calcinées, pare-brise défoncés, vitrines dévastées. Ces supporters-là sont des vandales.

Mais ce ne sont pas tous des supporters.

En tout cas, cette violence est un problème politique. Le chef de l’État a décidé de concentrer son action à la rentrée sur la crise sanitaire et sur la relance économique. Pleins feux sur cette double menace, mais il y en a une troisième qui vient (ou plutôt qui revient) bousculer l’agenda gouvernemental : la violence. Celle de la société, celle des affrontements, celle de la délinquance…

Ça n’est pas un problème franchement nouveau !

Non, mais après avoir été sous-estimé et mal géré pendant la première partie du quinquennat (on pense aux Gilets jaunes en particulier), Emmanuel Macron semblait décidé à s’en saisir. Limogeage de Christophe Castaner, nomination de Gérald Darmanin, lequel a tout de suite affiché sa proximité avec la police et commencé à retisser le lien avec elle. Un ministre de l’Intérieur qui s’est également montré intransigeant sur les violences, enfin en paroles. Parce que faire des tweets ou des sauts de puces auprès des victimes et des déclarations contre "l’ensauvagement" de la société ne pourra pas suffire à traiter le problème. Surtout lorsque le chef de l’État, lui-même, évoque maladroitement des "incivilités" à propos  de crimes et d’assassinats.

Il avait repris l’expression du journaliste qui l’interviewait.

C’est vrai, mais mieux vaut bien nommer le mal si on veut le combattre. Voilà, c’est un fait : le sujet est devant eux et il faut des résultats. Parce que cette atmosphère dégradée est insupportable pour la plupart des Français et parce que le thème de l’autorité est un des grands points faibles d’Emmanuel Macron. Une double faiblesse, en réalité. D’abord, au regard de ses résultats (les cambriolages et les violences aux personnes sont en hausse. Puis, par rapport à ses adversaires politiques. L’extrême-droite a réussi à être audible sur le thème de la délinquance. Et surtout, la droite républicaine est unie sur ce sujet des violences. C’est même le seul sujet sur lequel il n’y a pas de fracture à droite. C’est là qu’ils sont forts et c’est là que le président de la République est faible. Difficile pour la majorité de faire l’impasse.