Convention citoyenne pour le Climat : les projets de référendum refont surface

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Chaque matin, Nicolas Beytout analyse l'actualité politique et nous livre son opinion. Ce vendredi, les propositions de la Convention citoyenne pour le clilat pourraient faire l'objet d'un "multi-référendum" à l'automne.

L’Opinion révèle ce jeudi matin un projet de référendum qui devrait porter sur l’écologie.

C’est ce week-end que tout va se jouer. La Convention citoyenne pour le Climat s’enferme en effet pendant trois jours pour arrêter la liste des mesures (plusieurs dizaines) que ses membres proposeront au gouvernement d’adopter pour sauver la planète.

La Convention citoyenne pour le Climat, c’est un groupe de 150 Français tirés au sort ?

Oui, sur une liste établie un peu comme pour un sondage selon la méthode des quotas et qui est censée représenter la diversité des Français. Elle s’est réunie une demi-douzaine de fois, les week-ends, depuis un an, et a débattu des heures durant sur le monde d’après. C’est Emmanuel Macron qui avait eu cette idée, une sorte de Grand Débat permanent, mais dans lequel ce n’était pas lui, ni aucun politique, qui tenait le manche. Un pur exercice de démocratie directe, très en phase avec une revendication des Gilets jaunes : des vrais gens qui proposent une politique.

Mais est-ce qu’ils seront suivis ? On en connaît, des rapports qui ont fini dans un tiroir.

C’est le point-clef, en effet. Là-dessus, Emmanuel Macron a pris un engagement a priori assez insensé, celui de reprendre leurs propositions "sans filtre". On verra bien ce qu’il en sortira, mais les débats publics ont déjà montré qu’il y aurait à la fois du "yaka-focon", un peu de doux rêve (comme reconfigurer la diplomatie dans un esprit de justice sociale), une part de grands principes débordants de bienveillance, et quelques mesures carrément provocatrices comme imposer les 110km/h sur les autoroutes, interdire tous les pesticides et réduire les cheptels de bovins. Rien de mieux pour attiser les colères.

Comment s’insère le référendum dans ce dispositif ?

C’est une piste qu’Emmanuel Macron lui-même a évoquée à plusieurs reprises. Politiquement, ce serait un coup habile. Le chef de l’Etat gagnerait ses galons écolos, et il donnerait aussi un gage de rénovation, de revitalisation de la vie démocratique française. Des propositions du peuple adoptées par le peuple…

Sauf que l’on sait qu’un référendum est toujours dangereux pour un pouvoir en place.

D’où l’idée de poser plusieurs questions. Plusieurs référendums en un seul, une manière de rendre les réponses illisibles politiquement.  Une somme de "oui" et de "non" impossible à interpréter. Le vrai problème sera ailleurs : comment soumettre "sans filtre" aux Français des propositions qui n’auront pas été filtrées. Qui pourront antagoniser les Français, en faire payer certains pour la conversion écolo des autres. On le sait depuis les Gilets jaunes, pour réussir une transition verte, il faut dédommager ceux qui perdent au change. Et ça, un référendum ne peut pas le régler. C’est une petite bombe qu’Emmanuel Macron pourrait bien avoir armée.

À quelle date aurait lieu ce multi-référendum en l’état actuel du projet ?

À l’automne !