Baromètre de l’action publique : l'exécutif veut parler d'autre chose que du Covid !

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Chaque matin, Nicolas Beytout analyse l'actualité politique et nous livre son opinion. Ce jeudi, il s'intéresse à la publication du Baromètre de l’action publique qui a été publié ce mercredi par le gouvernement.

Le gouvernement a publié ce mercredi la première édition de son "Baromètre de l’action publique". Une série de données chiffrées pour montrer aux Français que les réformes avancent.

Oui, mais pas n’importe quelles réformes. Il suffit de se rendre sur le site gouvernement.fr pour le comprendre. Ce baromètre est celui "des mesures qui vous changent la vie", celles qui "améliorent votre quotidien", est-il fièrement inscrit en tête de la home page. Voilà, toute l’ambition de ce nouveau site est là : montrer que le travail réalisé par le gouvernement depuis trois ans change les petites et les grandes choses de la vraie vie. Montrer que gouverner, ce n’est pas seulement manier des concepts ou promettre des actions à 10 ans. Mais que c’est concrètement faciliter l’existence de chacun.

Qu’est-ce qu’on trouve dans ce baromètre ?

Huit grands chapitres, 25 indicateurs sur l’emploi, l’économie, la sécurité, la transition écologique, la famille, la santé, etc… Chacun pourra bien sûr compulser ces données et les comparer dans le temps puisque ce baromètre sera constamment mis à jour. Mais chacun pourra aussi les comparer avec ses voisins.
Ce baromètre donne les informations département par département.

Exactement. Facile, donc de comparer le taux d’équipement en fibre optique entre l’Eure et le Calvados, ou le nombre de contrats d’apprentissage entre la Haute-Loire et le Cantal. Ce baromètre, c’est l’expression la plus aboutie depuis trois ans d’une des idées fixes d’Emmanuel Macron : le benchmark (c’est-à-dire la comparaison systématique des pratiques ou des résultats pour identifier et adopter les meilleures pratiques). Le benchmark, c’est un mot compliqué pour dire ce que fait en permanence une entreprise privée par exemple. Elle se compare à ses concurrents, aux standards du métier, aux champions étrangers. Et elle cherche à s’améliorer. Alors évidemment, du côté de la puissance publique, c’est un réflexe assez nouveau ; le benchmark n’est pas vraiment rentré dans les habitudes. Mais internet, les données (les datas comme on dit) ont déjà commencé à bouleverser ce conservatisme. Regardez ce qui se passe avec les vaccins. La crise provoquée par le retard de vaccination de la France n’aurait pas existé si on n’avait pas pu comparer en temps réel notre performance avec celle de nos voisins qui avaient reçu les doses exactement au même moment que nous.

Ce baromètre est une sorte de stimulant pour faire avancer les réformes mais il doit aussi y avoir un objectif politique ?

Bien sûr. C’est d’abord un moyen d’inciter les Français à s’intéresser à autre chose que la crise sanitaire, à leur montrer que malgré tout, grâce au gouvernement, leur vie change. Et puis c’est un outil qui servira à construire le bilan d’Emmanuel Macron, pour la présidentielle. Une démarche toute politique donc et qui, à la différence des données brutes que l’on trouvera dans le baromètre, pourra être (et sera) contestée.