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SAISON 2020 - 2021

L’année 2021 est celle du bicentenaire de la naissance de Gustave Flaubert. Admiré d’Emile Zola, de Théodore de Banville, parrain littéraire de Guy de Maupassant, il occupe une place unique dans la littérature française. Dans ce nouvel épisode du podcast Europe 1 Studio "Au Cœur de l’Histoire", Jean des Cars raconte le parcours de ce grand romancier qui a marqué le XIXe siècle. 

Lorsque "Madame Bovary" paraît en 1857, le roman fait scandale. Flaubert doit même passer en Correctionnelle sous l’inculpation "d’outrage à la morale publique et religieuse et d’outrage aux bonnes mœurs"... Dans ce nouvel épisode du podcast Europe 1 Studio  "Au Cœur de l’Histoire", Jean des Cars revient sur la vie et les œuvres du romancier Gustave Flaubert. Gustave Flaubert, au retour d’un voyage en Orient, s’était attelé, en septembre 1851, à l’écriture d’un roman inspiré d’un fait-divers authentique. Ce sont ses amis Louis Bouilhet et Maxime Du camp qui le lui avaient suggéré. 

C’est un bourreau de travail. Rivé à sa table, il n’écrit que quelques lignes par jour, reprenant  et recomposant sans cesse son œuvre. Plein de doutes, parfois découragé, il veut parvenir au mot juste, à l’équilibre harmonieux de la phrase. Il lit à haute voix ce qu’il a écrit. C’est ce qu’il appelle "l’épreuve du gueuloir". Ce n’est pas un manque d’inspiration car dès le début, le plan général du roman s’impose à lui et il n’y apportera que quelques retouches. 

Le drame dont il s’inspire est celui du couple formé par Eugène Delamare et son épouse Delphine Couturier. Si les personnages du roman ont existé, comme leurs comparses Rodolphe Boulanger, l’amant d’Emma Bovary, ou le pharmacien Homais chez qui Emma dérobera l’arsenic avec lequel elle va se suicider, de cette histoire tragique Flaubert veut faire une oeuvre d’art. S’inspirant de ses propres souvenirs, de sa liaison avec Louise Colet, de ses sentiments personnels, c’est pourquoi il a pu dire : "Madame Bovary  c’est moi !".  

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De septembre 1851 au 20 avril 1856, il est envoûté par son sujet. La lecture de sa correspondance le prouve : il a vraiment vécu cinq années dans la peau d’Emma Bovary. Plus tard, il écrira à l’historien et philosophe Hippolyte Taine : "Quand j’écrivais l’empoisonnement d’Emma Bovary, j’avais le goût de l’arsenic dans la bouche. Mes personnages imaginaires m’affectent, me poursuivent, ou plutôt c’est moi qui suis eux."

C’est sans doute le secret de l’écriture de Flaubert, cette identification profonde à ses personnages qui les rend si justes, si proches dans leur vie quotidienne comme dans leurs rêves, voire dans leur dérision. 

Le roman est enfin achevé. Il le remet aux directeurs de la Revue de Paris. Après lecture, ceux-ci prennent peur et demandent des suppressions et des modifications. Enfin, "Madame Bovary" paraît dans la Revue. Certains lecteurs protestent et les directeurs coupent une scène trop licencieuse.  Flaubert se voit contraint de publier une note rectificative, expliquant que ce qu’on lit dans la Revue ne sont que des fragments de son livre et pas un ensemble. Alertée par toute cette agitation, la Justice va s’en mêler : les poursuites commencent. 

Le scandale de "Madame Bovary"

Le 24 janvier 1857, Flaubert passe en Correctionnelle sous l’inculpation "d’outrage à la morale publique et religieuse et d’outrage aux bonnes mœurs". Le procès est retentissant. Le réquisitoire du Substitut Pinard est un monument d’hypocrisie et de mauvaise foi. L’avocat de Flaubert, Maître Sénard,  plaide habilement et obtient l’acquittement du romancier.  Mais on le déclare néanmoins coupable "de ne pas s’être suffisamment rendu compte qu’il y a des limites que la littérature, même la plus légère, ne doit pas dépasser". Un réquisitoire dérisoire : qualifier de "légère" l'œuvre de Flaubert est la preuve que soit le magistrat Pinard n’avait pas lu le livre, soit qu’il n’y avait rien compris ! 

"Madame Bovary" devient un succès mais un succès dû au scandale, ce qui désole son auteur. La presse est louangeuse, particulièrement avec un article de Sainte-Beuve dans Le Moniteur du 4 mai et de Baudelaire dans sa revue L’Artiste. Monseigneur Dupanloup, ancien évêque d’Orléans, membre de l’Académie française et chef du mouvement des catholiques libéraux, déclare à Edmond de Goncourt : "Madame Bovary ? Un chef d'œuvre, Monsieur. Oui, un chef d'œuvre pour ceux qui ont confessé en province".

Quant à Flaubert, il dit : "Ma pauvre Bovary, à cette heure souffre et pleure dans vingt villages de France". 

Mais qui est donc Gustave Flaubert et pourquoi sa "Madame Bovary" provoque-t-elle un pareil scandale ?

Une enfance normande

Gustave Flaubert naît à Rouen le 21 décembre 1821 au sein d’une famille très unie. Champenois par son père et normand par sa mère, il joint en lui ses deux origines. 

Physiquement, c’est un vrai Viking. Très grand, il aura toujours beaucoup de volonté et de ténacité ainsi qu’un esprit d’indépendance. Il doit à son père sa méthode d’analyse scrupuleuse et sa précision scientifique. En effet, Achille Flaubert est professeur de clinique et chirurgien-en-chef de l’Hôtel-Dieu de Rouen. 

Le jeune Gustave a grandi dans un hôpital et joué enfant dans un petit jardin sous la fenêtre d’un amphithéâtre d’anatomie. Il a connu la souffrance et la mort dès ses premières années. La vie traumatisante dans l’hôpital était largement tempérée par la douceur d’un foyer familial très uni, où l’on aimait rire. Gustave Flaubert a un penchant pour la tristesse mais aussi un besoin de franche gaieté. Il aime les farces, qu’il pratiquera volontiers avec ses camarades du lycée de Rouen. Ils tiennent ensemble des propos cyniques et extravagants destinés à effrayer "le bourgeois" qu’ils prennent en horreur. 

Gustave a aussi un grand besoin de tendresse qui se manifestera dans sa correspondance avec sa mère. C’est au lycée qu’il fait ses débuts en littérature en écrivant dans le journal scolaire appelé "Le Colibri" dont il est l’unique rédacteur et qui contient  déjà la plupart des thèmes qu’il développera plus tard dans son œuvre. 

Les vacances se passent à Trouville. La famille de Madame Flaubert est du Pays d’Auge. Le grand-père de Gustave est médecin à Pont l’Evêque. Il avait acheté une maison à Trouville où toute la famille se retrouvait chaque été, y compris les grands-parents paternels venus de Champagne. Trouville n’était encore qu’un petit village de pêcheurs mais la beauté du site attirait  déjà nombre d’artistes. Et c’est là que le jeune collégien va faire sa première éducation sentimentale, une idylle ébauchée avec une amie de sa sœur, une fille de l’Attaché Naval anglais, l’amiral Collier. 

Après le lycée, les Flaubert envoient leur fils à Paris pour y faire ses études de droit. C’est là qu’en 1842, il rencontre Elisa Schlésinger, femme d’un éditeur de musique qui devient son amie. A-t-elle été sa maîtresse ? C’est peu probable bien qu’il l’ait aimée. Cette grande passion sera sans doute insatisfaite. Il la fera revivre plus tard dans son livre "L’Education Sentimentale". 

En 1846, Gustave perd, à trois mois d’intervalle, son père et sa sœur. Ces deuils répétés, et des troubles nerveux qui s’apparentent à l’épilepsie sans en être, assombrissent Gustave et l’inclinent encore davantage au pessimisme. Sa santé l’oblige à interrompre ses études de droit, ce qui est plutôt un soulagement pour lui car depuis les bancs du lycée, il ne rêvait que d’être écrivain. 

En 1843, il avait déjà rédigé une esquisse d’une première "Éducation Sentimentale" qui n’a rien à voir, sinon le titre, avec le chef d'œuvre qu’il publiera 26 ans plus tard. En 1846, l’année de tous les deuils, il rencontre dans l’atelier du sculpteur Pradier la poétesse Louise Colet. 

Très belle, sûre de son talent et recherchant les prix littéraires, elle plait au jeune homme, et c’est réciproque ! Elle devient sa maîtresse. Ils seront amants pendant une dizaine d’années. Ce sera une liaison traversée par des disputes et des ruptures momentanées, compliquées par le fait que bientôt Flaubert va s’installer à Croisset, dans la maison de sa mère, aux environs de Rouen. Les amants se retrouvent à Mantes, à mi-chemin. La liaison se poursuivra cahin-caha jusqu’au jour où Louise Colet, que Flaubert appelle "la Muse", se met en tête de se rendre à Croisset, sans doute pour demander à Madame Flaubert de décider son fils à l’épouser. Ce sera la rupture.

Les débuts littéraires

Sur les bancs de l'École de Droit, Flaubert s’était lié à un autre étudiant, comme lui fils de médecin, Maxime Du Camp, également attiré par la littérature. Une amitié durable bien qu’ils aient des conceptions extrêmement différentes de la vie. Du Camp ne rêve que de se pousser dans le monde et de devenir connu. Flaubert lui répond :"Être connu n’est pas ma principale affaire. Je vise mieux : à me plaire et c’est plus difficile… Le succès me paraît être un résultat mais non pas le but… J’ai en tête une manière d’écrire et une gentillesse de langage à quoi je veux atteindre. Quand je croirai avoir cueilli l’abricot, je ne refuse pas de le vendre, ni qu’on batte des mains s’il est bon. D’ici là, je ne veux pas flouer le public, voilà tout… Moi, je ne cherche pas le port, mais la haute mer. Si j’y fais naufrage, je te dispense du deuil." 

Au printemps 1847, en compagnie de Maxime Du Camp, Gustave parcourt à pied la Touraine, la Bretagne et la Normandie en longeant les côtes, de l’estuaire de la Loire à celui de la Seine.

En avril 1848, il a la douleur de perdre un de ses intimes, Alfred Le Poittevin. Sa sœur est la mère de Guy de Maupassant. Comme pour se consoler, Gustave se lance dans l’écriture d’un sujet longuement mûri, "La tentation de Saint-Antoine". Il met aussi au clair les notes prises lors de son voyage en Bretagne. Elles deviendront "Par les champs et par les grèves". Les chapitres impairs sont de Flaubert, les pairs de Du Camp. 

Une fois terminé "La tentation de Saint-Antoine", il décide d’en faire la lecture à Croisset pour ses amis Louis Bouilhet et Maxime Du Camp. L’opération dure trois jours. Les deux amis lui disent que son œuvre est mauvaise et impubliable. Rude coup pour Flaubert ! Ils lui conseillent de jeter son manuscrit au feu et de mettre sa muse "au pain sec" pour la guérir de son lyrisme, le défaut le plus insupportable des Romantiques. 

Ils lui suggèrent alors de décrire quelque chose de plus terre à terre, de s’inspirer d’un fait-divers, par exemple l’histoire de l’officier de santé Delamare, ancien élève du père de Flaubert et dont la femme s’était suicidée. C’est de ce drame que naît l’idée de "Madame Bovary". Mais Gustave Flaubert est fatigué, son état nerveux s’aggrave. Ses médecins lui suggèrent un séjour dans les pays chauds.

Le voyage en Orient

Flaubert se met en route pour l’Orient avec Maxime Du Camp le 29 octobre 1849. Ils vont d’abord visiter l’Egypte en remontant le Nil jusqu’à la deuxième cataracte. On dit que c’est  à cet endroit qu’il aurait trouvé le nom de sa prochaine héroïne, Emma Bovary. Ensuite, les deux voyageurs visitent l’Asie Mineure et la Grèce avant de revenir par l’Italie. Flaubert s’imprègnera de son voyage oriental. Il y fait provision d’images et de souvenirs qu’il utilisera plus tard dans "Salammbô" et dans le conte "Herodias". 

Leur voyage s’achève en 1851. Gustave s’installe alors à Croisset chez sa mère et l’on peut dire qu’à partir de ce retour d’Orient, sa vie se confond avec l’histoire de ses livres.

Gustave Flaubert et "Madame Bovary"

Lorsqu’il s’attaque à son roman "Madame Bovary", Gustave Flaubert travaille sur un terrain, des lieux, des personnages, des intrigues et des petitesses qui lui sont extrêmement familières. Le décor, c’est la Normandie qu’il connaît bien, ses paysages, ses fermes, ses villages, ses paysans, la bourgeoisie étriquée de ses petits bourgs. 

Il commence par nous présenter Charles Bovary qui après des études dans un lycée de province, s’établit comme officier de santé. Il se laisse marier par sa mère à une femme plus âgée que lui et qui exerce sur lui une véritable tyrannie. Devenu veuf, il rencontre une jeune fille dont il s’éprend aussitôt. 

Fille d’un riche fermier, elle a été élevée dans un couvent parmi des jeunes filles du monde. L’éducation qu’elle a reçue la fait rêver d’une vie romanesque bien loin de la vie humble et rangée que lui offre son époux. C’est avec un brio extraordinaire que Flaubert décrit la noce paysanne de Charles Bovary et d’Emma Rouault. Elle devient un tableau, une véritable œuvre d’art. Immédiatement, Emma est déçue : le mariage ne lui apporte pas ce qu’elle attendait : "Emma cherchait à savoir ce que l’on entendait au juste dans la vie par les mots de félicité, de passion et d’ivresse qui lui avaient parus si beaux dans les livres."

Une invitation et un dîner suivi d’un bal chez le marquis de Vaubyessard au cours duquel elle danse avec un vicomte lui laisse entrevoir une vie enchanteresse, celle dont elle a toujours rêvé. Dès lors, elle ne peut plus supporter son humble existence. On doit même la soigner pour une maladie nerveuse... 

Charles, pour qu’elle ait plus de distractions, s’installe dans un bourg plus important, Yonville-l’Abbaye. C’est là qu’on fait connaissance du pharmacien Homais et du jeune clerc de notaire Léon Dupuis, éperdu d’admiration  pour Emma. A son arrivée, elle est enceinte et accouche bientôt d’une petite fille. Léon lui fait la cour mais il a peur de la compromettre et part alors pour Paris. 

Emma, qui avait un penchant pour lui, est désemparée. C’est alors qu’elle rencontre un jeune gentilhomme campagnard, Rodolphe Boulanger. Ce séducteur plein d’élégance incarne tout ce dont elle rêve. Elle devient rapidement sa maîtresse. Elle est dans le bonheur. Comme elle ne peut plus supporter la médiocrité de son mari, elle pense s’enfuir avec son amant mais Rodolphe n’en a aucune envie et l’abandonne aussitôt. 

La vie de la petite bourgade est décrite de façon très vivante par Flaubert, notamment la fameuse scène des comices agricoles. Encore un morceau d’anthologie ! 

La lâcheté de Rodolphe plonge Emma dans le désespoir. Elle se remet lentement et traverse une crise de mysticisme. Encore pour la distraire, son brave époux l’emmène au théâtre à Rouen. Elle y retrouve l’ancien clerc de notaire Léon Dupuis que son séjour à Paris a agréablement transformé. Elle entame avec lui une liaison qui la conduit fréquemment à Rouen mais surtout l’entraîne dans d’immenses dépenses vestimentaires et autres futilités. 

Elle s’endette largement au-delà de ses possibilités. Elle tombe dans les mains d’un vieil usurier qui lui prête sans compter avant d’exiger brutalement d’être payé et menace de la faire saisir. Emma reçoit l’acte d’huissier ordonnant le remboursement de la somme énorme de 8.000 francs dans les vingt-quatre heures. Elle fait le tour des gens qui pourraient l’aider. Ni Léon ni Rodolphe n’y consentent. 

Le suicide de "Madame Bovary" 

Se sentant perdue, elle dérobe de l’arsenic chez le pharmacien Homais car elle sait où il le cache et rentre chez elle. Entre temps, son mari est revenu à la maison, bouleversé par la saisie qui a eu lieu pendant son absence. Emma exige qu’il ne lui pose aucune question. Elle écrit une lettre qu’elle lui demande de ne lire que le lendemain. Elle se met au lit après avoir absorbé l’arsenic. Elle meurt devant son mari effondré, qui ne comprend rien. Après la scène décrite de façon prodigieuse de l’enterrement d’Emma, Charles Bovary la conclut par le seul grand mot qu’il ait jamais dit : "C’est la faute à la fatalité".

Pourquoi l’histoire de cette insatisfaction qui conduit Emma à un double adultère, à des dettes et finalement au suicide, a-t-elle provoqué un tel scandale pour l’opinion ? Certes, le suicide n’était pas bien vu mais c’est surtout, sans doute, parce que les comparses qui entourent Emma Bovary sont si rigoureusement observés, impitoyablement justes, qu’ils donnent au drame une extraordinaire profondeur en raison de leurs vies ordinaires. 

Charles Bovary, le mari, un brave homme d’une médiocrité affligeante et d’un aveuglement qui pousse sa femme dans ses pitoyables aventures. Le pharmacien Homais, scientiste et athée convaincu, Rodolphe, d’une lâcheté absolue… Le livre se transforme alors en un extraordinaire réquisitoire contre la société bourgeoise provinciale, la niaiserie de ses conventions, des formules toutes faites et des pensées sur mesure, tout cela réussit à faire d’Emma une malheureuse victime de ses rêves et de ses aspirations. 

Finalement, Flaubert a atteint son but : il n’a pas été condamné pour cette peinture impitoyable du petit bourg normand et la tragédie provinciale qui s’en est suivie. Lui, si peu mondain, devra à ses mésaventures judiciaires l’honneur d’être invité par l’Impératrice Eugénie à l’une de ses fameuses "séries de Compiègne". 

Flaubert, la cinquantaine massive, des moustaches de guerrier mongol, le front de plus en plus dégarni, paraît le soir dans un habit inconfortable : entre la commande et les essayages, le romancier a pris du poids ! On pourrait dire, comme d’un personnage de "La Vie Parisienne" d’Offenbach, que "son habit a craqué dans le dos" ! Un épisode tragi-comique de la vie mondaine…

C’est Mérimée, très proche de l’épouse de Napoléon III, qui avait persuadé l’Impératrice qu’un auteur ne pouvait être accusé pour avoir écrit un roman à partir d’un fait-divers authentique. Après tout, Stendhal, autre ami d’Eugénie, avait bien fait la même chose pour "Le Rouge et le Noir" en 1830. 

Gustave Flaubert est rassuré : il va pouvoir s’attaquer à un autre chef d'œuvre mais cette fois, il va entreprendre,  entre autres, de ressusciter Carthage. Ce ne sera pas moins dangereux puisqu’il s’agit de "Salammbô".

 

 

Ressources bibliographiques :

Jean-Yves Tadié, Introduction à la vie littéraire du XIXe siècle (Bordas, 1970, nouvelle édition 1984)

Laffont-Bompiani, Dictionnaire des auteurs (Robert Laffont, 1952)

Laffont-Bompiani, Dictionnaire des œuvres (Robert Laffont, 1954)

Jean des Cars, Eugénie, la dernière Impératrice (Grand Prix de la Fondation Napoléon, Perrin, 2000)

Janine Krait, Mémoires d’une Carthaginoise (Inédit)

 

 

"Au cœur de l’Histoire" est un podcast Europe 1 Studio

Auteur et présentation : Jean des Cars
Production : Timothée Magot
Réalisation : Matthieu Blaise  
Diffusion et édition : Clémence Olivier et Salomé Journo 
Graphisme : Karelle Villais