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Un CDI pouvant être rompu à tout moment : quelle est cette proposition du Medef pour booster l'emploi des jeunes ?

[Keita Iijima / Yomiuri / The Yomiuri Shimbun via AFP]

Dans plusieurs documents transmis vendredi, le Medef a proposé la création d'un CDI "pouvant être rompu sans motif pendant les premières années" pour lutter contre le chômage des jeunes". Mais l'idée est loin de faire l'unanimité.

L'idée est loin de faire l'unanimité. Le Medef a proposé la création d'un CDI "pouvant être rompu sans motif pendant les premières années" pour lutter contre le chômage des jeunes, à l'occasion d'une réunion entre patronat et syndicats, selon des documents consultés vendredi, confirmant une information de l'agence AEF.

Ce dispositif n'est pas sans rappeler le "contrat première embauche" (CPE) créé en 2006 par Dominique de Villepin alors Premier ministre, qui avait généré une mobilisation historique et amené le gouvernement à le supprimer avant son application.

Dans des notes dédiées aux thématiques de "l'emploi des jeunes" et au "modèle productif", le Medef a suggéré de "s'inspirer de l'exemple italien du contrat à droits progressifs", créé en 2016, qui, selon l'organisation patronale "a contribué à la baisse du chômage structurel dans le pays".

Le Medef propose d'adapter ce modèle en France à travers un CDI "pouvant être rompu sans motif pendant les premières années", avec "une indemnisation croissante en lien avec l'ancienneté du salarié en cas de rupture".

Renforcer la formation professionnelle

L'organisation patronale suggère également de regarder du côté du Smic, "qui peut parfois constituer un frein à l'emploi pour les primo-entrants". 

Elle propose, pour un "public cible" dans une "durée limite" et "potentiellement par la négociation collective", "d'adapter ce niveau de rémunération", dans une logique "d'incitation à l'embauche et d'adéquation entre le niveau de rémunération et les compétences de primo-entrants."

Le Medef suggère également de renforcer les "engagements en matière de formation professionnelle", d'abaisser "en-deçà d'un certain âge" la durée minimale des contrats à temps partiel, de supprimer les délais de carence entre deux CDD ou encore d'augmenter leur durée légale.

Des propositions loin de faire l'unanimité

Ces mesures ont vocation à s'attaquer à la problématique des jeunes NEET, pour "ni en emploi, ni en études, ni en formation", une catégorie qui représentait 12,3% des Français de 15 à 29 ans en 2023, rapporte le Medef.

Mais le dispositif est très loin de faire l'unanimité, notamment du côté de la CGT et l'Unef, qui menace d'appeler à "une mobilisation massive". "Alors que nous fêtons cette année les 20 ans de la victoire contre le CPE, le Medef ose remettre le couvert" et "réussit à faire pire que le CPE qui avait 2 ans de période d'essai", a réagi samedi la CGT dans un communiqué.

"Ce projet est une déclaration de guerre contre les jeunes et les salarié.e.s", ajoute l'organisation syndicale. La CGT prévient qu'elle "refusera catégoriquement de s'engager dans toute négociation qui comporte ces éléments".