Le conflit au Moyen-Orient et l'augmentation des prix des carburants ont poussé les Français à se tourner vers le marché de l'occasion et à s'intéresser aux modèles électriques. Les recherches explosent sur Leboncoin alors que ces voitures connaissent des décotes importantes.
Avec la flambée des prix des carburants, les Français s'intéressent de plus en plus aux véhicules électriques. Plus particulièrement aux voitures électriques d'occasion. Les recherches pour ce type de véhicules ont même bondi de 80% depuis le mois d'avril sur le site Leboncoin.
Le site de vente en ligne a d'ailleurs publié cette semaine une étude dans laquelle il confirme un phénomène qui peut être inquiétant pour les propriétaires actuels qui pensent à revendre leur bien : la baisse de la valeur des voitures électriques est bien plus importante que pour les modèles thermiques équivalents.
Les modèles français subissent le plus ce phénomène
Ainsi, en cinq ans, les dix modèles électriques les plus vendus en France perdent jusqu'à 59% de leur valeur, contre entre 35 et 52% pour les mêmes modèles mais à moteur thermique (essence ou diesel). Le modèle qui s'en sort "le mieux" reste la Dacia Spring.
Avec un prix d'achat moyen neuf de 17.695 euros en 2020, le prix moyen cinq ans plus tard est de 8.347 euros, soit une décote de 53%. La dépréciation atteint 59% pour les Tesla Model 3 (de 52.000 euros neuf à 23.000 euros aujourd'hui) et pour la Fiat500 (de 31.487 euros à moins de 14.000 euros en 2026).
Ce sont les modèles français qui subissent la plus grosse décote selon l'étude de Leboncoin. La Peugeot 208 subit une perte de 60% de sa valeur, 62% pour la Renault Twingo et la Peugeot 2008. Finalement, c'est la Renault Zoé qui connait 65% de dépréciation.
Comment expliquer ces décotes importantes ?
Un phénomène qui peut s'expliquer par un élément qui profite aux premiers propriétaires du véhicule, puisqu'ils ont profité d'un "bonus à l'achat en neuf", explique Olivier Flavier, directeur général du marché automobile chez Leboncoin.
"Elles deviennent donc de très bonnes affaires à leur première revente en occasion. Nos données montrent que cette décote ralentit les années suivantes. Plusieurs études rassurent par ailleurs quant à la longévité des batteries, dont la capacité ne se réduit en moyenne que de 1 à 2% par an et qui reste donc proche de ses performances initiales après cinq ans", affirme-t-il.
Comme le révélait la Plateforme automobile (PFA) durant l'été, 35% des véhicules neufs vendus en France étaient des modèles électriques, soit plus de 44.000 voitures sur les 126.000 mises en circulation depuis le début de l'année. Des ventes boostées par la troisième édition du leasing social, dispositif d'aide à l'acquisition de voitures électriques destiné aux ménages modestes.