Face au développement rapide du parc 100% électrique outre-manche, Londres a officialisé une taxe au kilomètre pour les véhicules à batterie, afin de faire face à la baisse des recettes sur les carburants. La mesure, qui entrera en vigueur en 2028, sera probablement très suivie du coté Français.
Les ventes de voitures électriques sont en hausse partout en Europe. Une bonne nouvelle pour les États européens qui, face à la crise au Moyen-Orient, souhaitent accélérer l'électrification du parc automobile afin de réduire leur dépendance aux énergies fossiles venues de l'extérieur.
Mais avec la multiplication des voitures fonctionnant aux électrons se pose la question du financement du réseau routier. Le Royaume-Uni a finalement tranché. Dès 2028, le pays du roi Charles III appliquera une taxe au kilomètre pour les véhicules équipés de plaques vertes.
Baptisée "Electric Vehicule Excise Duty", elle doit permettre de compenser l'érosion des taxes liées aux carburants. Pour le moment, le montant est fixé à 3 pences du mile (environ 2 centimes le kilomètre ndlr) pour les véhicules électriques, et 1,5 pence pour les véhicules hybride rechargeable. Pourtant, les conducteurs britanniques paient déjà une taxe sur la circulation, qu'importe l'énergie de leur véhicule, afin d'entretenir les infrastructures.
Les conducteurs devront estimer leur kilométrage annuel lorsqu'ils paieront la taxe sur la circulation. Les véhicules les plus modernes, qui embarquent une connectivité 4 ou 5G, pourront également transmettre l'information de façon automatique.
Une idée loin d'être envisagée en France
Le texte, déjà présenté l'an dernier, a subi d'importantes modifications, notamment pour les véhicules de fonctions. L'entreprise payera une partie de la taxe. Pour les loueurs, ils auront la possibilité de régler à l'avance les redevances encore dues au moment de la revente du véhicule.
Actuellement, environ 2 millions de véhicules électriques circulent outre-manche, quand la France tourne autour des 1,5 million. Face à la baisse des recettes fiscales, il est sûr que Bercy suivra de très près l'expérimentation britannique.
En juin dernier, la Cour des comptes avait publié un rapport sur le sujet mais ne proposait pas d'instaurer une taxe au kilomètre sur les véhicules à nouvelles énergies, afin de ne pas entraver la transition énergétique.