Rennes interdit provisoirement la 5G, des entrepreneurs menacent de s'installer ailleurs

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La maire de Rennes a indiqué vouloir imposer six mois d'études d'impact et de débats citoyens sur la 5G. 1:29
La maire de Rennes a indiqué vouloir imposer six mois d'études d'impact et de débats citoyens sur la 5G. © AFP
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Lundi après-midi, la maire de Rennes a indiqué vouloir imposer six mois d'études d'impact et de débats citoyens avant que ne soit testée la 5G sur l'agglomération. Cette posture est très critiquée par les entrepreneurs du numérique installés dans la ville bretonne.

La maire socialiste de Rennes, Nathalie Appéré, a annoncé lundi qu'elle ne voulait pour l'instant pas de la 5G sur son territoire, suscitant l’ire de certains entrepreneurs inquiets de cette prise de position. La capitale bretonne compte 4.500 entreprises spécialisées dans le numérique, employant plus de 38.000 salariés. "C’est une compétition mondiale, donc on ne peut pas se permettre, juste à un niveau local, de dire 'stop'", affirme le chef d'entreprise Jocelyn Denis au micro d'Europe 1.

Nathalie Appéré défend "le droit des citoyens d’être éclairés - sans être des 'Amish' - pour sortir par le haut d’un débat qui s’hystérise, parfois". La maire fait ici référence aux paroles d'Emmanuel Macron qui avait qualifié certains opposants à la 5G d'adeptes du "modèle Amish". Elle refuse toute précipitation et veut imposer six mois d’étude d’impact et de débats citoyens avant de tester la 5G sur son territoire. "Posons tous les arguments sur la table", appelle-t-elle.

Un coup portée à l'attractivité de la ville

Son coup de frein secoue néanmoins le cœur de métier de Rennes, deuxième pôle français en densité d'acteurs sur les objets connectés. Sans 5G, certains n'excluent pas de partir ailleurs, ou même dans d'autres pays.

"La posture de certains élus écologistes de Rennes, nous l'avons trouvée choquante", déclare Jocelyn Denis, fondateur de Digitaleo. "Cela m’inquiète (...). Par une décision politique, on peut prendre beaucoup de retard. C’est comme si Reims interdisait de vendre du champagne."

Europe 1
Par François Coulon, édité par Antoine Cuny-Le Callet