"Renault souffre de la stratégie imposée par Carlos Ghosn depuis 2004", selon la CGT

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Renault fermeture CGT 8:44
"Les objectifs de la direction" de Renault "sont de récupérer un niveau de rentabilité à deux chiffres", pointe la CGT. © GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
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Le groupe Renault a officialisé vendredi la suppression de 4.600 emplois en France et de 15.000 au total dans le monde. Sur Europe 1, le délégué CGT du groupe, Fabien Gâche, réagit à cette annonce qui découle, selon lui, d'une stratégie plus profonde que la crise du coronavirus.
INTERVIEW

Afin d'économiser 2 milliards d'euros sur trois ans, le groupe Renault a officialisé vendredi la suppression de 15.000 emplois dans le monde, dont 4.600 en France où le constructeur automobile va fermer un site. Mais à quoi est due cette saignée massive au sein des effectifs hexagonaux ? Pour le délégué CGT de Renault, Fabien Gâche, cela s'explique par "une stratégie financière imposée par Carlos Ghosn depuis 2004 et validée de façon successive par tous les gouvernements", dénonce-t-il vendredi soir sur Europe 1.

Les salariés "habitués" à de telles annonces

L'annonce de la suppression de plusieurs milliers d'emplois en France a choqué les salariés, mais à en croire Fabien Gâche, elle ne les a pas surpris : "On est habitués chez Renault", estime-t-il. "C'est la stratégie qu'a utilisée Carlos Ghosn depuis 2004 et qui a conduit à réduire les effectifs de 25.000 salariés" dans le monde, alors que l'ancien PDG du groupe est toujours poursuivi par la justice japonaise après avoir fui au Liban l'hiver dernier.

" On produisait 1.3 million de véhicules en 2004, contre 650.000 en 2019 "

"C'est la méthode qui a permis de baisser de plus de 50% la production française", poursuit le syndicaliste, chiffres à l'appui : "On produisait 1,3 million de véhicules en 2004, contre 650.000 en 2019. C'est la poursuite et l'accélération des délocalisations et des externalisations d'activité, qui seraient financées avec des fonds publics."

Favoriser "le coeur de gamme de Renault"

Aujourd'hui, "l'État n'a absolument pas fait un retour en arrière et continue dans la même stratégie avec les mêmes mécanismes et qui va produire les mêmes effets", anticipe le syndicaliste. Que propose le syndicat ? "Si argent public il doit y avoir, il doit permettre d'investir dans son ingénierie et son outil industriel, ce qui permettrait à Renault de retrouver son coeur de gamme, fabriquer des véhicules comme des Twingo et des Clio, avec des gros volumes."