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Prix des carburants : la gratuité des transports remise en cause à Aubagne

Aux portes de Marseille, le réseau autour d’Aubagne est gratuit depuis 2009 et bénéficie à un bassin de population de 100.000 personnes. [GERARD JULIEN / AFP]

La gratuité des transports, mise en place dans plusieurs villes comme Aubagne, est fragilisée par les difficultés financières des collectivités. Face à un important déficit, la métropole envisage un retour en arrière, suscitant l’inquiétude des usagers et l’opposition des élus locaux.

La gratuité des transports remise en question ? Appliquée dans plusieurs villes françaises de tailles différentes comme Dunkerque, Montpellier ou encore Aubagne, qui a été précurseur en la matière, cette dernière semble être en sursis à certains endroits. 

Aux portes de Marseille, le réseau autour d’Aubagne est gratuit depuis 2009 et bénéficie à un bassin de population de 100.000 personnes. Mais l’annonce d’un trou de 120 millions d’euros dans les caisses de la métropole fait planer la menace. Son président ouvre la porte à une remise en cause de cette gratuité.

"Un couple peut économiser jusqu’à 500 euros par mois"

Au terminus du tramway, l’idée d’un retour en arrière inquiète les voyageurs : "C’est un avantage qu’il ne faudrait pas perdre. Moi, je l’emprunte souvent. Il me dépose juste là. Avec une petite retraite, le bus gratuit, c’est mieux pour moi. Le jour où il faudra payer, les gens reprendront leur voiture et il y aura encore plus de circulation."

Une fronde politique s’organise, emmenée par le maire d’Aubagne, Jean-Pierre Squillari. La gratuité bénéficie à 100.000 habitants dans l’agglomération. "On multiplie par trois la fréquentation des transports en commun. Avec le prix des carburants, un couple peut économiser jusqu’à 500 euros par mois. Plutôt que de supprimer la gratuité, il faut la développer", insiste-t-il.

Incompréhension à tous les étages

Selon Maurice Marsiglia, de l’association des voyageurs ASDEL, le coût de la gratuité reste marginal au regard de la dette de la métropole : "Cela représente environ 2 millions d’euros par an. Je ne vois pas comment combler un déficit de 125 millions avec seulement 2 millions d’économies."

Car la gratuité est en grande partie financée par une taxe versée par les entreprises locales. L’économie potentielle pour la métropole serait donc limitée.