Malgré la fragilité persistante des finances publiques françaises et le coût de la guerre au Moyen-Orient, l'agence S&P a décidé de maintenir la note souveraine de la France à A+, avec une perspective stable. Le gouvernement met en avant ses efforts budgétaires pour contenir le déficit et rassurer les marchés.
La guerre au Moyen-Orient continue de peser sur les finances publiques mondiales, notamment sur celles de la France. Malgré ce contexte économique tendu, l'Hexagone échappe cette fois à une nouvelle dégradation de sa note souveraine.
L'agence de notation américaine Standard & Poor's a décidé de maintenir la note de la dette française à A+, assortie d'une perspective stable. Une décision importante pour le gouvernement, quelques mois après l'abaissement de la note française en octobre dernier, passée de AA- à A+.
Une perspective stable malgré des finances fragiles
En maintenant cette note, S&P estime qu'il n'y aura pas d’aggravation majeure de la situation budgétaire française dans les prochains mois, malgré la fragilité persistante des finances publiques.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu semble avoir apporté certaines garanties à l'agence de notation en défendant une ligne de rigueur budgétaire. Pour limiter l'impact de la flambée des prix des carburants liée au conflit avec l'Iran, le gouvernement a choisi de débloquer une enveloppe limitée à 1,2 milliard d'euros d'aides pour les ménages.
Des économies pour compenser le coût de la crise
L'impact budgétaire de la guerre en Iran, estimé à environ 6 milliards d’euros le mois dernier, doit être compensé par plusieurs mesures d'économies.
Le gouvernement prévoit notamment 4 milliards d’euros de coupes dans les budgets ministériels. À cela s'ajoutent 2 milliards d’euros supplémentaires grâce au gel du barème des allégements de cotisations patronales, qui auraient normalement dû être revalorisés avec la hausse du SMIC.
Malgré les turbulences économiques internationales, l'exécutif maintient son objectif de ramener le déficit public à 5 % du PIB d'ici la fin de l'année.
Une dette publique toujours plus lourde
Le gouvernement dispose toutefois de marges de manœuvre limitées. La dette publique française dépasse désormais les 3.500 milliards d’euros, soit près de 116 % du PIB.
Cette année, la France devrait consacrer environ 66 milliards d’euros au seul remboursement des intérêts de sa dette, un niveau historique qui continue d'inquiéter les marchés et les agences de notation.
À la suite de la décision de S&P, Roland Lescure a assuré que le gouvernement restait "pleinement mobilisé" pour poursuivre la réduction du déficit public et de la dette.