Alors que l'agence Standard & Poor's doit rendre son verdict ce vendredi 29 mai sur la note de la France, l'économie française se dégrade encore un peu plus. L'Insee a publié sa note de conjoncture pour le premier trimestre 2026. Croissance, inflation, consommation... Tous les voyants sont au rouge.
Le gouvernement refuse de céder à l'alarmisme, mais les chiffres, publiés par l'INSEE ce vendredi, sont cruels. Au premier trimestre, le PIB a reculé de 0,1% par rapport au quatrième trimestre 2025.
La guerre au Moyen-Orient fait flamber les prix de l'énergie qui rejaillissent sur l'inflation. Après 2,2% en avril, le niveau moyen des prix augmente de 2,4% par rapport à mai 2025. La consommation des ménages a, quant à elle, reculé.
"On a une forme de rupture sur l'activité française"
Tous ces éléments dessinent un tableau inquiétant selon Mathieu Plane, économiste à l'OFCE. "On a une forme de rupture sur l'activité française qui avait plutôt bien résisté sur l'ensemble de l'année 2025. Tant que la situation géopolitique reste comme ça, le plus dur est devant nous", analyse-t-il.
"Le premier trimestre a été plus mauvais que ce qu'on attendait. Or, le deuxième trimestre, il ne sera pas bon : on a un impact négatif sur le pouvoir d'achat des ménages. On a des coûts de production qui vont pour les entreprises et des marges qui se réduisent. Donc, on ne voit pas bien les leviers de la croissance, ni par la consommation, ni par l'investissement", explique-t-il au micro d'Europe 1.
Si le PIB recule encore au deuxième trimestre, la France entrera alors en récession, une situation que le pays n'a plus connue depuis 2020, lors de la crise sanitaire.