OPA de Veolia sur Suez : comment la bataille fait rage en coulisses

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suez 1:22
Veolia et Suez ont tous les deux engagé plusieurs intermédiaires dans différents domaines pour tenter de remporter leur bras de fer. © Ludovic MARIN / AFP
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Dans la bataille qui oppose Veolia à Suez pour le contrôle de ce dernier, les deux géants n'ont pas hésité à engager deux véritables armées destinées à faire pencher la balance de leur côté. Agences de communication, avocats, banques, lobbyistes… Des millions d'euros ont été dépensés pour tenter de l'emporter.
DÉCRYPTAGE

C'est un bras de fer d'une rare violence qui fait rage entre Veolia et Suez, le premier voulant racheter le second. Et pour emporter ce qui est en train de devenir une guerre, les deux groupes ont fait appel à deux véritables armées pour tenter de faire peser la balance de leur côté. Pour la bataille de l'image, chacun a pris les meilleures agences de communication de France : Image 7 et Havas pour Veolia, DGM et Publicis pour Suez. Mais Veolia et Suez ne se sont pas arrêtés là et ont embauché les meilleurs avocats disponibles, comme Jean-Michel Darrois ou Jean Veil chez Suez, par exemple. 

De nombreux intermédiaires…

Les deux géants ont également loué les services de banques de conseil comme celle de l'homme d'affaires Jean-Marie Messier du côté de Veolia. Ce dernier connait bien le dossier, puisqu'il est à l'origine de la création de Veolia. Mais il y a aussi l'ancienne patronne du Medef Laurence Parisot, qui assure la défense du conseil d'administration de la multinationale.

Quant au groupe Suez, il a notamment opté pour le groupe Rothschild. Sans oublier que les meilleurs lobbyistes de la place de Paris ont été engagés pour peser de tout leur poids dans la bataille.

… pour des moyens colossaux

Si l'issue de ce bras de fer initié par Veolia est encore incertaine, alors que Suez conteste conteste la validité du dépôt de l'OPA de Veolia auprès de l'Autorité des marchés financiers, une chose est sûre : les deux groupes n'ont pas lésiné sur les moyens pour l'emporter. Ce qui fait dire à un ministre qui suit le dossier de près que "ce n'est pas la crise pour tout le monde". Et effectivement, certains de ces intermédiaires réalisent leur chiffre d'affaires de l'année avec cette bataille, pour laquelle Veolia et Suez dépensent des millions d'euros.

Europe 1
Par Emmanuel Duteil, édité par Ugo Pascolo