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Mutuelles : pourquoi les prix vont flamber en 2027

[Romain Doucelin / Hans Lucas]

Alors que le budget de la Sécurité sociale de 2026 prévoit de geler les cotisations des mutuelles cette année, les professionnels du secteur tirent déjà la sonnette d'alarme et préviennent que la hausse des prix des mutuelles sera importante l'an prochain. 

Le prix des mutuelles va-t-il exploser l'an prochain ? Alors que le PLFSS leur impose un gel des cotisations cette année, les complémentaires pourraient se rattraper en 2027, avec des augmentations de 10%, voire plus, selon une étude de l’institut de la protection sociale.

Jusqu'à présent, la loi de financement de la Sécurité sociale prévoit d'augmenter la taxe sur les mutuelles de 2,05% pour récupérer 1 milliard d'euros. La plupart des mutuelles prévoyait d'augmenter leurs tarifs en conséquence pour rentrer dans leurs frais. Mais le Parlement a ordonné un gel du tarif des complémentaires pour 2026. 

"Il y aura nécessairement un rattrapage en 2027"

Conséquence directe, en 2027, face à l'augmentation des frais de santé et au blocage des prix, les organismes complémentaires seront contraints de revoir à la hausse leurs tarifs chaque année, sous peine de perdre de l'argent, ou de dégrader l'offre de soins pris en charge. 

Le gel des tarifs va donc se payer au prix fort, début 2027, estime Bruno Chrétien, président de l'Institut de la protection sociale : "Le blocage des prix qui a lieu en 2026 entraînera nécessairement un rattrapage en 2027. On l'a estimé de l'ordre de 10% à peu près parce qu'on est sur une tendance de 4 à 5% par an d'augmentation liée au vieillissement de la population, à l'augmentation des coûts des soins, etc. Donc ce qui n'est pas payé aujourd'hui sera payé plus cher demain", insiste-t-il au micro d'Europe 1. 

Autre problème, certaines mutuelles avaient déjà fixé des hausses de tarifs prévues dans les contrats, bien avant le vote tardif du budget de la sécu, ce qui devrait déclencher des contentieux entre les associations de consommateurs et les complémentaires, voire même entre les complémentaires et l'État. 

Car dans certaines circonstances, le contrôle des prix enfreint la liberté d'entreprendre, un droit garanti par la Constitution.