Le groupe Engie détient-il la clé de la bataille entre Veolia et Suez ?

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Engie Suez Veolia 1:25
Engie veut vendre rapidement et à bon prix sa participation dans le groupe Suez. © BERTRAND GUAY / AFP
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Pour parvenir au rachat de Suez, le groupe Veolia veut d'abord acquérir la participation de la firme française de gestion de l'eau et des déchets dans la firme Engie. Cette dernière tient un conseil d'administration sur cette question, vendredi après-midi, qui pourrait se révéler décisif dans une gigantesque partie de poker menteur.
DÉCRYPTAGE

Demain, qui fournira l'eau du robinet et ramassera les déchets ? C'est tout l'enjeu de la bataille qui se joue en ce moment entre Veolia et Suez. Le premier groupe veut mettre la main sur le second et, pour cela, veut notamment acheter la participation d'Engie dans Suez. Vendredi après-midi, Engie tient un conseil d'administration sur cette question. Ce nouvel épisode de l'âpre bataille entre les deux groupes pourrait se révéler décisif.

Un contre-projet de Suez ?

Cette lutte ressemble de plus en plus à un gigantesque poker menteur. Quelques certitudes émergent néanmoins, comme le fait qu'Engie veuille vendre rapidement et à bon prix sa participation de 29,9% dans Suez. L'État, premier actionnaire d'Engie, est d'accord avec cette vente, à condition que l'acheteur soit français et qu'il s'engage à garder les emplois.

De son côté, Veolia est prêt à faire tous les efforts. Vendredi matin, il a même écrit aux équipes de Suez, dans la presse régionale, pour les rassurer. Afin de convaincre tout le monde, Veolia va par ailleurs relever son offre. En revanche, Suez refuse toujours d'être racheté par Veolia et semble prêt à tout pour cela. Le groupe de gestion de l'eau et des déchets prépare un contre-projet, mais demande du temps pour le boucler.

Le temps est compté

En attendant, à la surprise générale, Suez a décidé mercredi de placer dans une fondation de droit néerlandais son activité "Eau" en France, afin de bloquer la vente. Une manœuvre "pitoyable", estime le PDG de Veolia, Antoine Frérot. Le numéro un mondial des déchets n'entend pas abandonner et met toujours en avant l'intérêt industriel du projet. Vendredi après-midi, Engie devrait jouer les arbitres. Le temps est compté car l'offre de Veolia court jusqu'à mercredi. Officiellement, ça ne durera pas plus longtemps.