Pour Veolia, le rachat de Suez "est un enjeu de souveraineté"

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Veolia a refusé mercredi de repousser la date limite de son offre pour racheter Suez. Estelle Brachlianoff, directrice générale adjointe de Veolia, estime sur Europe 1 que cette opération "est un enjeu de souveraineté" pour la France.
INTERVIEW

Veolia ne veut pas perdre de temps. Le leader mondial des services à l’environnement a refusé mercredi de repousser la date limite de son offre faite à Engie pour racheter ses parts dans son concurrent Suez, fixée au 30 septembre. Estelle Brachlianoff, directrice générale adjointe de Veolia, a défendu la stratégie de son entreprise mercredi soir sur Europe 1.

"C’est un enjeu de souveraineté pour le pays", a assuré la dirigeante. "Si on regarde le marché mondial, Veolia et Suez sont tout petits, même si nous sommes n°1 et n°2. On ne veut pas laisser se faire ce qu’il s’est passé sur le numérique il y a quelques années : la France avait inventé le Minitel, et pourtant ce sont les Américains qui sont aujourd'hui à la tête de l’Internet mondial", a-t-elle ajouté. "On ne veut pas que ça tombe dans n’importe quelle main. Beaucoup de gens sont intéressés par ces activités, comme les Chinois et des fonds d’investissement. C’est une opération stratégique, il y a un vrai enjeu pour que ça ne tombe pas entre d’autres mains que des mains françaises."

"On a donné des garanties sur l'emploi"

Il reviendra désormais à Engie, dont l'actionnaire principal est l'État, de trancher : vendre ou pas ses 29,9% de parts dans Suez à Veolia, qui a déposé une offre de 2,9 milliards d'euros valable jusqu'au 30 septembre. "Cela donnera deux mois à Engie pour réfléchir à notre offre, qui est une très belle offre. On a donné des garanties sur l’emploi et sur le fait que ce sera français dans la durée. On ne veut pas repousser l’offre parce que le démantèlement (de Suez) est en train de s’accélérer. Après le 30 septembre, on reprend notre liberté et toutes les options sont ouvertes", a déclaré Estelle Brachlianoff

"Il y a urgence à cesser l’hémorragie. Suez est en train de vendre de façon accélérée ses actifs. Il a annoncé la semaine dernière la vente de ce qu’il faisait en Allemagne, en Pologne, aux Pays-Bas et en Suède. On parle de plus de 10.000 salariés. Aujourd’hui, le démantèlement est en cours", a-t-elle pointé du doigt. 

Les craintes de casse sociale ? "Un fantasme mensonger" 

Suez, qui se bat depuis plusieurs semaines pour garder son indépendance, craint de son côté qu'un potentiel rachat entraîne la suppression de plusieurs milliers d'emplois. "C’est un fantasme mensonger. On garantit 100% des emplois et des acquis sociaux pour tous les salariés. On a un projet de développement de la transition écologique. Les métiers de Veolia et de Suez sont des métiers de service qui ne sont pas délocalisables", a certifié la directrice générale adjointe de Veolia. 

"Quand un éboueur vient collecter vos poubelles, est-ce que vous pensez qu’en changeant le logo sur le camion on va avoir besoin de moins d’éboueurs ? On a toujours besoin de trois éboueurs. Quand vous avez une station d’épuration, vous avez toujours besoin des mêmes personnes aux mêmes endroits. On ne va pas traiter les eaux usées de Montauban à Besançon."