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La «stretchflation» : quelle est cette pratique commerciale qui trompe le consommateur

Une arnaque que Foodwatch a détectée sur quelques produits stars de nos supermarchés. [Nicolas Guyonnet / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

La "stretchflation" s’impose comme une nouvelle pratique controversée de l’industrie agroalimentaire. Selon Foodwatch, certains produits voient leur format légèrement augmenter, tandis que le prix au kilo grimpe fortement. Une stratégie jugée trompeuse, déjà repérée sur plusieurs références phares des supermarchés.

La "stretchflation", une pratique commerciale douteuse. Dans sa dernière enquête, l’organisation de défense des consommateurs Foodwatch épingle cette pratique de certains industriels alimentaires, qui vise à tromper les consommateurs. 

Le format d’un produit augmente de quelques grammes, et ce changement s’accompagne d’une forte hausse du prix au kilo. Une arnaque que Foodwatch a détectée sur quelques produits stars de nos supermarchés.

Une hausse important du prix au kilo

À l’image des Mikado du groupe Mondelez. En mars 2024, le paquet standard voit son format augmenter de 11%, de 90 à 100 grammes, avec la promesse affichée d’offrir plus de biscuits. Plus de biscuits, mais surtout plus d’argent à débourser. Ni vu ni connu, la marque profite du changement de format pour augmenter le prix au kilo de 18%, à 16,90 €.

Autre exemple : Lustucru. En avril dernier, le paquet de gnocchis à poêler extra fromage passe de 285 à 300 grammes. La quantité augmente de 5%, et le prix au kilo décolle de 19%.

Les consommateurs aveuglés

La stretchflation est d’autant plus piégeuse que les consommateurs n’y voient que du feu, selon Audrey Morice, chargée de campagnes pour Foodwatch. "La stretchflation c’est une pratique qui est imperceptible, puisqu’il faudrait pouvoir suivre l’évolution des formats des emballages et des prix au kilo d’une semaine à l’autre, d’un mois à l’autre, pour être en capacité de les détecter. Les consommateurs sont induits en erreur et se retrouvent face à une nouvelle pratique abusive contre laquelle ils ne peuvent rien", dénonce-t-elle.

Contactées, les marques répondent volontiers. Mais la plupart font porter le chapeau aux distributeurs, en rappelant qu’il reste maître de la fixation des prix aux consommateurs. D’autres évoquent une demande de format plus généreux du public ou le choix d’un contenant plus grand et plus pratique, au service des consommateurs.