Avec la flambée des prix à la pompe, la guerre au Moyen-Orient fragilise également l'industrie de production de plastique. En France, la filière tire la sonnette d'alarme : certaines usines confrontées à des hausses de prix et des ruptures de stock doivent déjà ralentir la production.
Dès les premiers jours du conflit au Moyen-Orient, les prix des matières premières nécessaires à la production de plastique se sont envolés. C'est ce qu'explique Fabienne Lebreton, présidente d'une entreprise de production d'emballages pour l'agroalimentaire en Normandie.
"Très vite, les prix se sont mis à monter très fortement. Sur certaines matières, on a pris 1.600 euros de plus. La trésorerie est forcément mise à mal". Les entreprises font face à des prix élevés et des ruptures de stock.
"Une bonne moitié de l'industrie risque d'être mise à l'arrêt"
Avant la guerre, un tiers de certaines matières premières était importé du Golfe. Depuis le blocage du détroit d'Ormuz et la destruction d'infrastructures pétrolières, tout est à l'arrêt : "Forcément, c'est du stress parce que vous vous battez tous les jours pour avoir de la matière pour continuer à poursuivre l'activité."
Certaines entreprises réduisent ainsi leur production. "On constate des signaux d'alerte d'entreprises qui ralentissent l'activité parce qu'elles n'ont plus de matières premières à fournir", explique Joseph Tayefeh, secrétaire général de Plastalliance, premier syndicat européen de l'industrie du plastique.
Et d'ajouter : "Si cette crise continue dans les mêmes conditions, vous aurez une bonne moitié de l'industrie qui, dans les prochains mois, risque d'être mise à l'arrêt."
Tous les secteurs sont concernés : l'agroalimentaire, l'automobile, l'aviation. Une pénurie de matériel médical pourrait survenir dans les prochaines semaines, alerte le syndicat.