Ce lundi, Donald Trump a assuré qu'exhumer l'uranium enrichi de l'Iran serait "long et difficile", mais ne perd pas espoir de mettre la main dessus. À quoi cela ressemble, peut-il servir et où peut-il être caché ? Europe 1 fait le point.
Au cœur des négociations au Pakistan entre les États-Unis et l’Iran : la question de l’uranium enrichi. Les Américains veulent absolument mettre la main dessus et en font l’une des conditions d’un accord de cessez-le-feu durable.
Plus de 440 kg d'uranium enrichi à 60%, proche du seuil de 90% requis pour la fabrication de l’arme nucléaire. Donald Trump a reconnu ce lundi 21 avril 2026 que l’exhumation de ce stock serait "longue et difficile".
Un taux d'enrichissement à 20% ?
Les États-Unis ignorent où est dissimulé cet uranium, ni dans quel état il se trouve. D’autant que l’uranium enrichi, sous sa forme solide de petits cristaux blancs, n’est pas compliqué à transporter car stocké dans des bonbonnes en acier.
"Ce sont des cylindres d'à peu près un mètre de haut, du même acabit que vos bonbonnes pour aller faire de la plongée sous-marine. Une bonbonne pèse à peu près 25 kilos", détaille Emmanuelle Galichet, enseignante-chercheuse en physique nucléaire.
De récentes images satellites laissent penser qu’une partie de cet uranium pourrait être enfouie dans les sous-sols du site nucléaire d’Ispahan. "Via une activité de génie civil de la part des Iraniens, les entrées des tunnels souterrains d’Ispahan ont été obstruées. Ça donne un autre indice pour dire que cet uranium enrichi est là", ajoute Emmanuelle Galichet.
Mais il peut tout aussi bien s’agir d’une mise en scène de Téhéran, conscient que ses sites nucléaires sont sous haute surveillance. Une chose est sûre, l'avenir de ce stock d’uranium est un sujet crucial.
Washington serait prêt à mettre 20 milliards de dollars sur la table pour le récupérer. L’Iran, de son côté, serait plus en faveur d’une dilution, soit réduire le taux d’enrichissement de l’uranium à 20% pour en faire un usage civil et non plus militaire.