Fusion Veolia-Suez, ou quand l'Etat actionnaire ne fait plus la loi

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Le ministre de l'Economie appelle les groupes Suez et Veolia à trouver un accord. 1:29
Le ministre de l'Economie appelle les groupes Suez et Veolia à trouver un accord. © Ludovic MARIN / AFP
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La bataille entre les deux fleurons de la gestion de l'eau et des déchets, Veolia et Suez, devrait bientôt toucher à sa fin. Alors qu'Engie a approuvé la vente de sa participation dans Suez à Veolia contre l'avis de l'Etat, ce dernier se retrouve affaibli. Un véritable "camouflet", selon le chef du service économie d'Europe 1, Emmanuel Duteil. 
DÉCRYPTAGE

L'épilogue de la fusion Veolia-Suez approche. Plus rien ne s'oppose à ce que Veolia, numéro 1 mondial de l'eau et des déchets, avale le numéro 2, Suez. Le principal actionnaire de Suez, Engie anciennement Gaz de France, a validé lundi soir la vente à Veolia, contre l'avis des représentants de l'Etat. Un fait sans précédent dans une entreprise de cette taille et de cette importance.

Engie n'en fait qu'à sa tête

C'est un camouflet quasi historique pour l’Etat qui a plutôt l’habitude, même avec de petites participations, d'imposer ses vues. Récemment, il a pu faire blocage concernant la fusion entre Renault et Fiat, et est quasiment co-dirigeant d'Air France. Mais lundi soir, malgré une participation de presque 24% de l’Etat, la direction d’Engie n’en a fait qu’à sa tête. Bercy a tout tenté : les administrateurs CFDT d’Engie auraient été appelés mais n’ont finalement pas voté contre le projet.

Cette offre était de toute manière difficile à repousser. Il s'agissait de la seule offre et même Bercy reconnait que le prix payé est bon. Mardi matin, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a appelé Veolia et Suez à reprendre les discussions pour créer un projet en commun. Selon lui, "un accord amiable était possible, nous y avons travaillé depuis des jours. Nous étions à quelques centimètres d'un accord. Nous nous sommes heurtés à intransigeance des uns et à la précipitation des autres", a-t-il regretté. Les états-majors des deux groupes parlent plutôt de "kilomètres" et les discussions entre les deux ennemis risquent d'être longues et tendues.

Europe 1
Par Emmanuel Duteil, édité par Antoine Cuny-Le Callet