Au deuxième jour de sa visite à Athènes, Emmanuel Macron a évoqué la dette contractée en Europe pendant la pandémie de Covid. Le chef de l'État estime qu'il faut l'étaler plutôt que de la rembourser le plus vite possible.
Emmanuel Macron a plaidé samedi pour un étalement du remboursement de la dette contractée au niveau européen face au Covid, en plus de se montrer confiant sur l'aboutissement de nouveaux emprunts communs pour les investissements d'avenir, malgré les pays qui disent "jamais de la vie".
L'émission d'eurobonds est un cheval de bataille français depuis des années mais un tabou pour d'autres États de l'Union européenne, dont l'Allemagne. Le tabou a toutefois été brisé une première fois lors de la pandémie de Covid-19.
"À la fin on va y arriver"
"On s'est endetté au moment du Covid. Aujourd'hui, on nous dit 'il faut vite le rembourser'. C'est idiot. Étalons cette dette. Refaisons des ré-émissions parce que les gens veulent ce papier pour pas cher", a affirmé le président français lors d'une conférence de presse au second jour de sa visite à Athènes.
En outre, "sur des dépenses (...) qui sont d'intérêt commun, qui sont nouvelles (...) on a peut-être un intérêt à émettre ensemble de la dette", a-t-il fait valoir, citant "la défense, le spatial, l'intelligence artificielle".
"Aujourd'hui, beaucoup vont vous dire 'jamais de la vie'", a-t-il poursuivi alors que l'Allemagne notamment a indiqué en février que la dette commune européenne était réservée aux "situations exceptionnelles".
"Mais en vérité", a poursuivi Emmanuel Macron, "soit ils décident de ne pas investir, erreur stratégique énorme, soit ils décident d'augmenter leur contribution nationale et ils n'ont pas envie, soit on trouve des ressources nouvelles". Le chef de l'Etat français s'est montré confiant : "À la fin on va y arriver".
Une dette commune "nous rendrait plus forts en tant qu'Europe"
"L'Europe doit être dans le jeu", a-t-il insisté. "On n'a pas envie de laisser à nos enfants une Europe qui serait complètement distancée sur le plan technologique, qui serait hors du jeu technologique ou de la défense".
À ses côtés, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a souligné que les Européens trouveraient "une solution". "Je pense que comme toujours, à la dernière minute, nous trouverons une solution", a-t-il martelé.
Le président de la République a précisé qu'une dette commune "nous rendrait plus forts en tant qu'Europe". "Car l'Union européenne est aujourd'hui considérée comme un emprunteur sûr et fiable", a-t-il fait valoir.