Ecoconduite et méthanol : comment Corsica Ferries réduit son empreinte environnementale

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Corsica Ferries fait notamment en sorte de remplir ses bateaux au maximum, selon son PDG (photo d'illustration). 1:09
Corsica Ferries fait notamment en sorte de remplir ses bateaux au maximum, selon son PDG (photo d'illustration). © PASCAL POCHARD CASABIANCA / AFP
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Invité de "La France bouge", vendredi, le PDG de Corsica Ferries Pierre Mattei a détaillé les actions mises en place par l'entreprise ces dernières années pour tenter de préserver au mieux l'environnement, de la fin des objets en plastique jusqu'aux carburants alternatifs, en passant par une "autoroute de la mer" pour les camions. 
INTERVIEW

"La nature a été très généreuse avec nous, alors on essaie de ne pas être trop dépensiers avec les ressources qu'elle nous donne", résume Pierre Mattei, PDG de Corsica Ferries. Invité de La France bouge, en direct depuis la CCI du Var pour une émission consacrée à l'économie de demain, vendredi, le patron a listé les avancées d'une entreprise qui "se sent un peu responsable des îles qu'elle dessert"... Et les progrès qui pourraient encore être accomplis dans les années à venir pour mieux préserver l'environnement. 

Des émissions par passager réduites de 12% entre 2018 et 2019

"Le transport maritime, c'est quelque chose qui permet de concourir, globalement et quand il est bien utilisé, à la réduction globale du transport de marchandises et de passagers", rappelle d'abord Pierre Mattei. Et pour l'utiliser au mieux, Corsica Ferries mise sur l'écoconduite, "une quantité de choses sur lesquelles il faut travailler, se cultiver et se former", selon le patron. "Il n'y a pas une manière de piloter un navire qui fasse en sorte qu'il ait une moindre empreinte environnementale. Cela passe par énormément d'actions, qui font chacune économiser quelques pour cent."

Concrètement, ces actions consistent notamment à "faire en sorte que les voyages soient les plus remplis possibles", "choisir des routes de navigation qui soient optimisées", ou encore "faire en sorte que chaque navire reste le moins longtemps dans le port, parce que plus longtemps il est à la mer, plus lentement il pourra aller. Et plus lentement il pourra aller, moins il consommera", détaille le PDG. "Entre 2018 et 2019, nous avons ainsi réussi à baisser de plus de 12% nos émissions par passager." 

Un branchement des bateaux à terre pour moins de pollution

Pour aller encore plus loin, Corsica Ferries expérimente un projet de branchement des bateaux à quais, pour que les navires en escale ne polluent plus. "Cela consiste, lorsqu'un navire arrive, à couper les moteurs et brancher le navire sur une structure qui dépend de la terre", explique Pierre Mattei. Quatre navires sont pour l'instant concernés et la technologie doit être "perfectionnée d'ici quelques mois". 

Autres initiatives mises en place par la compagnie : une compensation carbone, choisie par 10% des clients et qui propose de payer son billet un peu plus cher pour soutenir le développement d'une forêt au Pérou, mais aussi la suppression totale des sacs en plastique, puis de tous les objets en plastique jetables. Et, enfin, une "autoroute de la mer", pour transporter les camions en permettant à leurs chauffeurs de se reposer tout en réduisant l'impact environnemental, par exemple entre la France et l'Espagne.  

La recherche "avance vite" sur la question des carburants

Reste la question des carburants, sources de pollution majeures. "Sur la partie de la production électrique à quai, nous travaillons avec la chambre de commerce et Toulon-Provence-Méditerranée pour éventuellement mettre dans le mix énergétique une partie qui serait fournie par des piles à combustible à hydrogène", indique Pierre Mattei. En ce qui concerne la propulsion des bateaux, "les applications sont pour l'instant sur des moteurs de plus petite taille" et la technologie pour les ferries reste à inventer. 

Mais "la recherche avance tellement vite que le grand navire à hydrogène existera un jour", assure le PDG. "Corsica Ferries a déjà un projet de conversion au méthanol de navires existants", poursuit-il. "Notre credo, c'est qu'il va falloir beaucoup de temps avant de renouveler la flotte mondiale, donc il faut penser à remplacer la motorisation des navires existants. Et on sait que le méthanol peut être fabriqué à base d'hydrogène, qui, quand il est vert, devient vertueux." 

Europe 1
Par Margaux Lannuzel