Le 9 octobre dernier, les députés ont rejeté des mesures de redressement budgétaire, alors que la France fait face à une hausse de ses taux d'emprunt. En cas de faillite, une aide de l'Union européenne pourrait arriver sur la table, mais conditionnée à de fortes coupes dans les dépenses publiques.
Le mur de la dette. Alors que les députés ont retoqué en commission vendredi 9 octobre toutes les mesures de redressement des comptes publics, la France pourrait plonger dans une crise financière. Les investisseurs réclament une prime de risque de plus en plus importante pour détenir de la dette française.
À 4,9%, le taux d’emprunt à 10 ans des obligations tricolores est le plus élevé d’Europe. Le spread, soit l’écart de taux avec l’Allemagne servant à mesurer la défiance des investisseurs vis-à-vis d’un autre État européen, est au plus haut depuis 2012. Ainsi, les taux d'intérêt des obligations d'État flambent.
Entre baisse des salaires des fonctionnaires, des pensions des retraités et suppression de postes dans la fonction publique, quel serait le scénario d'une faillite ?
L'UE à la rescousse, mais à quel prix ?
D'abord, l'Union européenne pourrait voler au secours de la France, mais pas à n'importe quel prix. En effet, l'UE dispose du mécanisme de stabilisation financière (le MES). C’est cette institution qui interviendrait en cas de crise financière.
Elle peut acheter jusqu’à 60 milliards d’euros d’obligations souveraines sur les marchés financiers afin de faire baisser les taux. L'objectif est d'aider un pays membre qui ne parvient plus à financer sa dette. Le Portugal, la Grèce et l’Irlande en ont déjà bénéficié.
Mais au préalable, la France devrait présenter un plan de redressement drastique des finances publiques à la Commission européenne.
"Ce plan serait d’une dureté bien supérieure au projet de budget Lecornu par exemple. On a vu ces pays devoir concéder des baisses drastiques du montant des retraites, des baisses drastiques du montant du salaire des fonctionnaires, des très fortes réductions des effectifs de la fonction publique", explique l’économiste Éric Dor.
Pour bénéficier de l’aide européenne, la France devra aussi s’engager à repousser l’âge légal de départ à la retraite. Le Portugal et l’Irlande l’ont déjà fixé à 66 ans.