Jamais la France n'a emprunté aussi cher depuis la crise de la dette souveraine en 2008. Le taux obligataire français à 10 ans flirte avec les 4%. Une menace pour l'économie.
Sur fond de retour de l'inflation, les investisseurs auxquels la France emprunte sur les marchés obligataires pour financer sa dette font monter la prime de risque. Le taux d'intérêt à 10 ans des titres de dettes français flirte avec les 4%, bien au-delà du pic atteint après la dissolution.
Pire, ce niveau n'a plus été atteint depuis la crise des subprimes de 2008-2009 et fait peser des risques monumentaux sur l'économie française, dont les comptes publics sont lestés par une dette de 3.500 milliards d'euros.
"Le gouvernement a très peu de marge de manœuvre"
Bercy estime déjà que la crise géopolitique va renchérir le remboursement des intérêts de la dette de 3,6 milliards d’euros cette année. Après avoir atteint 65 milliards d'euros en 2025, la charge de la dette va s'envoler et priver le gouvernement de moyens pour faire face à l'inflation, selon l'économiste Matthieu Plane.
"À partir du moment ou vous avez cette combinaison d'un déficit public déjà élevé plus une hausse des charges d'intérêts qui pourrait être supérieurs à ce qu'on avait anticipé, on voit que le gouvernement, qui souhaite à mon avis mettre en place des dispositifs, a très peu de marge de manœuvre", explique-t-il.
L'inflation alimentaire va suivre
Et les conditions d'emprunt vont se durcir : "Si on a une remontée des taux sur les Etats, il est probable qu'on ait une partie qui se transmette aux ménages et aux entreprises à travers le système bancaire. Tout ça n'est pas une bonne nouvelle si cette hausse de taux se transmet à leurs emprunts soit pour consommer, soit pour acheter un bien soit pour investir".
Si l'inflation dure, la banque centrale européenne devrait remonter ses taux directeurs en juin. Et renchérir un peu plus les emprunts des ménages et des entreprises.