Coronavirus et impact sur l'économie : "On doit faire front", estime Patrick Martin, du Medef

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Patrick Martin 2:32
"Il faut que tout le monde se retrousse les manches et soit au boulot, dans des conditions de sécurité sanitaires optimales", estime Patrick Martin. © Europe 1
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Le coronavirus frappe de plein fouet l'Europe, et la France. En plus des conséquences sanitaires, l'économie est également lourdement touchée. Entre télétravail, activités suspendues, chômage partiel, les chefs d'entreprises et les salariés sont inquiets. Patrick Martin, ​président-délégué du Medef, réagit sur Europe 1. 
INTERVIEW

L'impact du coronavirus est massif pour les entreprises. Les mesures de confinement interdisent certaines activités mais les entreprises qui peuvent rester ouvertes font face à du chômage partiel, de l'absentéisme de certains salariés et une chute de leur chiffre d'affaire. Bruno Le Maire a annoncé un plan d'aide de 45 milliards pour faire face aux conséquences de l'épidémie. Patrick Martin, ​président-délégué du Medef l'assure sur Europe 1 : "Il faut que tout le monde se retrousse les manches et soit au boulot, dans des conditions de sécurité sanitaires optimales."

Soutenir l'économie et les métiers indispensables

"Dans des secteurs d'activités où l’on peut continuer à exercer, c'est-à-dire qui ne sont pas interdits par les mesures gouvernementales, on a trop de salariés qui ont compris qu’il fallait absolument s'arrêter", constate Patrick Martin.

"Bien sur tout le monde est soucieux de la situation sanitaire, mais c'est comme dans une équipe de rugby si la première ligne n’a pas derrière elle une deuxième et troisième ligne, si tout ceux qui, courageusement et avec conscience professionnelle, servent dans la santé, dans la grande distribution, s’ils doivent se retourner et découvrir qu’ils ne sont plus livrés, qu’il n’y a plus de production, qu’il n'y a plus de victuailles, ils ne vont servir à rien", ajoute-t-il.

"Il y a une pression forte suite aux messages normalement alarmistes délivrés par l’Etat. Beaucoup de salariés ont souhaité être mis en chômage partiel. Bien souvent les entreprises qui ne savaient pas quoi faire ont cédé à la demande", décrypte le président délégué du Medef. "Il faut maintenant revenir à la raison et comprendre que l’économie c’est une chaîne, et si un maillon lâche, toute la chaîne lâche. On doit être au front."

Les cols blancs et les cols bleus

Bruno Le Maire a appelé mercredi les salariés indispensables à se rendre sur leurs lieux de travail. Une opinion partagée par Patrick Martin, sans distinction. "On a tous une responsabilité dans cette affaire, y compris les cols blancs vis-à-vis des cols bleus. Dans mon entreprise je me rends sur le sites pour bien signifier à ceux qui ne peuvent travailler que physiquement qu’on est avec eux, qu’on a pas peur et que finalement on leur est reconnaissant d’être au boulot."

"Il y a des mesures de sécurité, quand on peut mettre les gens en télétravail, on le fait", précise-t-il. Mais il ne faut pas que ce soit perçu comme une caste. Je crois que c’est important que l’encadrement, en respectant les gestes barrières, soit aux côtés de leurs collègues qui ne peuvent pas être en télétravail."

Des mesures attendues contre les faillites

Des mesures gouvernementales vont être prochainement précisées sur les dispositifs d'aides à l'économie. "Il est temps de le faire d’ailleurs, tant sur le plan du droit du travail que du financement. Mais tout ça va se remettre dans l’ordre. Les 173.000 chefs d’entreprises que réunit le Medef sont très soucieux que ça tourne et surtout ils pensent au jour d’après, au moment où il faudra que ça redémarre", assure Patrick Martin. 

Emmanuel Macron l'a promis lundi lors de son allocution : aucune entreprise ne sera livrée au risque de faillite. Jean-Eudes du Mesnil, secrétaire général de la CPME, estimait sur Europe 1 qu'au contraire, toutes les entreprises ne pourraient être sauvées.

" Il n’y en aura pas si les dispositifs annoncés sont mis en œuvre très vite. La guerre est un art d’exécution disait Napoléon, il faut que les services de l’Etat, les banques, dès que tout sera clarifié, soient en opérationnel. C’est-à-dire que la moindre des entreprises sachent à qui s’adresser et aient des réponses instantanées et précises."

Europe 1
Par Mathilde Durand